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Anne héberge un réfugié Afghan : « Ce n’est pas possible d’accueillir tout le monde, mais ceux qui sont déjà là, il faut les accueillir »

Anne, 70 ans, est retraitée depuis cinq ans et vit à Paris. Ancienne professeur d’Histoire-Géographie, elle accueille depuis le 10 janvier un jeune immigré Afghan de 26 ans, Muhammad, qui vit dans une de ses chambres pour six semaines. Rencontre.

Anne dans la chambre qu'elle prête à Muhammad, le jeune réfugié qu'elle accueille.
Anne dans la chambre qu’elle prête à Muhammad, le jeune réfugié qu’elle accueille.

Anne m’accueille chaleureusement dans son appartement qui comprend quatre chambres, alors qu’elle vit seule. « Exprès pour pouvoir accueillir« , explique-t-elle. Muhammad, le réfugié qu’elle héberge, est absent, il a cours de français. « Il passe beaucoup de temps à étudier le français, il est très motivé et fait de gros progrès », raconte Anne. C’est via l’association JRS Welcome (Jesuit Refugee Service Welcom), une association jésuite qui s’occupe de répartir des demandeurs d’asile – qui sont en cours de procédure – dans des familles ou des congrégations religieuses pour un temps limité, qu’elle a rencontré son jeune protégé.

Pourquoi ce choix d’accueillir une personne dans le besoin ? Pourquoi spécialement avec l’association JRS Welcome ?

« Je me suis dit pourquoi pas un réfugié, quand on en voit tout le temps dans la rue qui mendient, qui ont froid, faim. Je ne vais pas laisser deux chambres libres ! ».


Vous êtes catholique. Votre foi a-t-elle joué dans votre choix ? 

« Pour moi c’est naturel, on n’a pas une foi et à côté une autre vie ».


Comment et pourquoi Muhammad est-il arrivé en France ?

« Les Américains ont bombardé les Talibans, et les civils aussi. Tout son village a été détruit, il est parti à ce moment là ».


Quel statut a-t-il aujourd’hui ? Comment est-il pris en charge ?

« Il est légalement sur le territoire mais il n’a pas l’autorisation de travailler ».


Nombreux sont ceux qui pensent qu’on ne peut pas ni ne devons accueillir tout le monde. Qu’en pensez-vous ? La France en fait-elle assez pour accueillir les réfugiés ? Et l’Eglise ?

« Ce n’est pas possible d’accueillir tout le monde, mais ceux qui sont déjà là, il faut les accueillir.[…] Il ne faut pas compter que sur l’Eglise, il faut compter sur nous tous ».


Vous avez accueilli chez vous un jeune homme que vous ne connaissiez pas, qui parlait mal le français, et vous lui avez tout de suite fait confiance. N’avez-vous pas pris un gros risque ?

« Je lui ai fait tout de suite confiance. Il a tout intérêt à ce que tout se passe bien, parce que pour son dossier c’est très important ».

Quand on lui demande si elle pense réitérer l’expérience après le départ de Muhammad fin février, Anne répond sans hésiter « quand je le pourrai, à chaque fois je le ferai ».

>> A réécouter : Rencontre avec JRS Welcome