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Le football spectacle en question

A J-22 de la coupe du monde, Décryptage se pose la question : pourquoi et comment le foot est devenu le sport et le spectacle le plus populaire ? Philippe Delaroche reçoit Eric Naulleau, journaliste et auteur de « Quand le coupe déborde », (éditions Stock) et Robert Redeker, philosophe et auteur de « Peut-on encore aimer le football ? » (éditions du Rocher).

Les deux auteurs ont pratiqué et aimé le football dans leur jeunesse. Robert Redecker porte un regard critique dans son livre. Il cherche à s’adresser à tout le monde : les aficionados comme ceux qui n’apprécient pas le ballon rond. « Je crois pouvoir m’adresser à ceux qui aiment parce qu’ils ont beaucoup de doutes et des raisons de se rebeller, de critiquer ce que le football est en train de devenir. Je m’adresse aussi à ceux qui n’aiment pas le football qui sont très remontés contre », assure-t-il. La raison ? Quand un sport déchaîne autant les passions et fait qu’autant de personnes s’y investissent, il faut s’y intéresser. Eric Naulleau préfère lui retracer l’histoire des 11 grands matchs d’anthologie et poser la question de ce qui différencie un match de l’histoire du football d’un match de légende.

Un sport individuel

Robert Redeker dresse une liste de critiques entendables du football : le sport spectacle, l’individualisme, l’ultra-libéralisme du marché des joueurs… Il tacle, par devant, la rivalité entre joueurs, parfois au sein d’un même club. « Le coeur du public n’est pas assez grand pour porter au pinacle 11 joueurs », déclare-t-il. Pour retrouver l’esprit d’équipe, selon lui, il faut retourner vers les catégories inférieures, voire en amateurs. Il regrette aussi que la Fifa se comporte parfois de manière mafieuse.

Les grands matchs d’Eric Naulleau

Dans sa compilation de grands match, Eric Naulleau retire une chose : « le football se joue autant dans les têtes que dans les jambes ». S’il ne les a pas tous vécus en direct, il s’est beaucoup inspiré de la littérature. « On apprend par la chronique, on apprend par la littérature », ajoute-t-il. Il raconte chaque match comme s’il y était. Il livre aussi des informations complémentaires. Par exemple lors du France-Allemagne de 1982 à Séville, le gardien allemand, Harald Schumacher, était probablement sous substance quand il a agressé l’attaquant français Patrick Battiston.

(A partir de 1 minutes pour voir l’agression du gardien contre l’attaquant).