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« Nous sommes drogués à l’idée d’égalité. Tout est un droit pour tous »

En quête de sens – Sophie Nouaille recevait Eugénie Bastié (Le Figaro, Revue Limite), Claude Habib (professeur de littérature française à l’université Sorbonne Nouvelle, essayiste et romancière), et Guilhem de Gevigney (fondateur de l’association Les Hérauts qui s’interroge sur la manière de vivre sa virilité) pour débattre des notions de sexisme et de galanterie. Des opinions loin des actuelles considérations féministes.

Alors que se tiendra demain la journée nationale « Ensemble contre le sexisme », il est nécessaire de s’interroger sur le contenu même du terme « sexisme », et sur le bien-fondé du combat égalitaire entre hommes et femmes mené par les féministes.

Le féminisme moderne ne tend-il pas à englober pêle-mêle des faits de natures différentes sous l’étiquette « sexiste », quitte à se tromper de combat ? Excision et remarques au détour d’un couloir, si vulgaire soient-elles, sont-elles du même ordre ? « On a un contrôle progressif de la parole et du symbole parce qu’ils seraient autant oppressifs et aussi dangereux que les gestes », dénonce Eugénie Bastié. Des interventions bienvenues sur un sujet clivant, pour lequel les opinions divergentes sont (trop) rapidement conspuées.

 

 


« Ce particularisme français qu’est la galanterie finit par être attaqué au nom d’une manière de se comporter universelle »


Si la lutte contre les agressions sexuelles était premièrement légitime, elle s’est peu à peu élargie à toute forme de « sexisme », englobant même la galanterie, alors que « le propos même de la galanterie, c’est de civiliser le désir masculin », rappelle Claude Habib. Elle implique de se mettre à l’école des femmes, un effort sur soi qui demande beaucoup aux hommes. « Ce particularisme français qu’est la galanterie finit par être attaqué au nom d’une manière de se comporter universelle ».


« Tout ce qui différencie les sexes entre eux est jugé comme une inégalité »


Une lutte qui induit une confusion totale entre « différence » et « inégalité ». « Tout ce qui différencie les sexes entre eux est jugé comme une inégalité », dénonce Eugénie Bastié, au point que le combat féministe est comparé au combat antiraciste des noirs américains. « Il y a cette erreur originelle de plaquer le combat antiraciste sur le combat féministe sachant que là en effet faire une différence entre les races est quelque chose d’abject, mais la différence des sexes existe et c’est un invariant de l’humanité ».

En réponse aux agressions, une répression systématique, qui pourtant ne garantit en rien qu’aboutira l’utopie féministe selon laquelle « nous allons abolir les violences sexistes ». Puis la transparence absolue du rapport amoureux, au risque de le rendre moins jubilatoire, voire de contractualiser le désir.

Selon Guilhem de Gevigney, l’éducation du regard de l’homme sur la femme, et une reconsidération de la notion de virilité sont nécessaires. Claude Habib pointe du doigt l’actuelle culpabilisation masculine : « Le propre du masculin, c’est devenu la violence. Or quand on réfléchit à la virilité, on a l’idée que la virilité bien développée est le contrepoison du problème qu’elle crée ».