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Mathilde Aubinaud: « il ne s’agit plus de discuter mais de descendre les gens »

La satire, le pamphlet et la caricature existent déjà depuis longtemps. Mais les réseaux sociaux et nouvelles formes de médias semblent atteindre un niveau supplémentaire dans la méchanceté. François Jost, professeur émérite à Sorbonne nouvelle, et Mathilde Aubinaud, manager des relations publiques de Foxintelligence, décryptent le phénomène.

Aujourd’hui, deux phénomènes accélèrent la propagation et l’augmentation de la méchanceté, selon les deux invités : la télé-réalité et les réseaux sociaux.

Dans le premier cas, « l’individu se donne en spectacle, il est soumis au regard populaire » dans un show monté de toute pièce explique M. Aubinaud. Show qui « n’a d’intérêt que si y a des disputes, de la jalousie, de l’envie », complète F. Jost. Il analyse trois types de méchanceté mis en jeu par ces émissions : le spectateur contre le candidat sur lequel il dispose d’un « droit de vie ou de mort » et qu’il juge en permanence, le candidat contre l’autre candidat (« chaque télé-réalité a son bouc émissaire », précise le professeur), et le monde contre le candidat une fois qu’il est sorti du show.

Sur les réseaux sociaux, le principe reste le même : « il ne s’agit plus de discuter mais de descendre les gens », explique M. Aubinaud. Et F. Jost d’ajouter : « on attaque les gens sur leur statut : pas ce qu’ils disent mais ce qu’ils sont. »  L’anonymat permet désormais à tout le monde de prendre la parole sans être inquiété, de « troller » une conversation pour la vider de son sens, de harceler quelqu’un pour le faire taire. « Quelqu’un comme Finkielkraut a été tellement bashé, qu’il peut maintenant à peine parler ! » déclare F. Jost.

Face à cette nouvelle violence « la difficulté c’est de comprendre que derrière l’image, il y a quelqu’un. »