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Marianne Durano : « La réalité de notre corps de femme est mis sous contrôle chimique »

Le Grand Témoin est philosophe, normalienne et professeur dans un lycée à Dreux. Marianne Durano présente son deuxième ouvrage « Mon corps ne vous appartient pas » (Albin Michel), un appel pour rendre aux femmes leur corps, parfois accaparé par la médecine.


Le point de départ de ce livre est un questionnement personnel. Pendant sa grossesse, Marianne Durano a pris pleinement conscience de son corps de femme. « Je sais que, en tant qu’intellectuelle, pendant très longtemps j’ai cru que mon corps servait à trimbaler mon cerveaux », sourit-elle. Elle s’est sentie dépossédée par une médecine anxiogène imaginant toujours le pire.  C’est de cette tension qu’est né le livre. « Le ‘vous’ dans ‘Mon corps ne vous appartient pas’, s’adresse non seulement au corps médical mais à tous les laboratoires pharmaceutiques qui derrière prospèrent dans cette médicalisation », explique l’auteure.

Les femmes sous contrôle

Pour Marianne Durano, la femme n’est pas pleinement libre. « La particularité des femmes c’est que même quand elles ne sont pas malades et dès leur plus jeune âge, elles sont confrontées aux gynécologues de manière régulière alors qu’un homme qui n’est pas malade n’a pas trop de raisons d’aller se faire ausculter les parties génitales », analyse-t-elle. Quant au consentement face à ces rendez-vous et cette médicalisation, elle pointe un manque de liberté, encore une fois. « Quel consentement peut-on avoir quand on est si jeune et que dès le collège les représentants de l’Etat nous explique que pour avoir une sexualité responsable, il faut se protéger, et pour se protéger, il faut aller voir les médecins », dénonce la philosophe. La seule méthode proposée est chimique, ce qui ne donne, pour Marianne Durano, une fausse image du corps. « La pilule nous donne l’illusion qu’on n’est pas à se préoccuper de notre fécondité », précise-elle.

Un besoin d’information

Le manque de liberté vient aussi d’un problème d’éducation aux autres méthodes de gestion de la fécondité. Marianne Durano se prononce pour développer l’information sur les moyens de contraception, leurs bénéfices comme leurs côtés néfastes. Pour les femmes désirant arrêter la pilule, elle met cependant en garde contre des méthodes « bidouillées » qui vont sans doute ne pas fonctionner. « Je pense que les pouvoirs publics sont responsables, voire coupables, de ne pas informer les femmes sur les méthodes qui existent et qui marchent que sont les méthodes naturelles », affirme-t-elle. Cette information doit aussi toucher les jeunes filles qui doivent se sentir libre d’avoir la démarche qu’elles désirent, et non une forcée par la société qui les entourent. « Ce que j’aurais aimé qu’on me dise quand j’étais jeune c’est que je méritais mieux que ça. J’aurais aimé qu’on me dise ‘tu mérites qu’on te respecte et si tu veux attendre, tu as le droit d’attendre’ », conclut-elle.