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Mai 68, côté gaulliste

Le Grand Témoin est Olivier Germain-Thomas. Écrivain, journaliste, il a publié  « La Brocante de Mai 68 et ouvertures » (éd. Pierre-Guillaume de Roux). Il évoque la manifestation gaulliste du 30 mai 1968, à laquelle il était présent.


30 mai 1968. Les gaullistes décident de défiler pour soutenir le général. « Il se passe quelque chose d’absolument étonnant et qui est dû en grande partie à une dramaturgie extraordinaire qu’a bâtie Charles de Gaulle la veille, le jour du 29 », raconte Olivier Germain-Thomas. Les différents partis et associations gaullistes organisent une manifestation de soutien. « Nous avions prévu depuis assez longtemps de faire une manifestation. Et nous nous disions qu’on serait peut-être 10 000 ou 20 000 », continue-t-il. Résultat ? Il seront entre 500 et 700 000 personnes place de la Concorde, à écouter l’allocution du président à 16h30 à la radio. En 4 minutes 33, Charles de Gaulle annonce qu’il ne démissionne pas, qu’il garde le Premier ministre, qu’il dissout l’Assemblée Nationale et reporte le référendum qu’il avait proposé. Il dénonce : « l’intimidation, l’intoxication et la tyrannie  exercées par des groupes organisés de longue main ». Il tacle aussi le parti communiste qu’il accuse de totalitarisme.

Une insurrection de l’esprit ?

On pourrait voir mai 68 comme un mouvement de libération de la pensée contre le capitalisme. Cette proposition, Olivier Germain-Thomas la réfute. S’il reconnaît un début libertaire, anti-capitaliste et anti-matérialiste, celui-ci n’a pas duré. « Il y a eu une espèce d’envolée contre la capitalisme », assure-t-il. Mais dans un deuxième mouvement, l’arrivée des trotskistes et des maoïstes, « qui, eux, étaient des purs matérialistes », a renversé cela.  Le troisième mouvement a été celui des ouvriers qui ont demandé des hausses de salaire. Ils ont obtenu gain de cause avec les accords de Grenelle. Face à cette politisation, l’auteur s’en engagé du côté gaulliste. « Pour beaucoup, c’était un ordre ancien. Pour moi c’était l’ordre prémonitoire de ce qui allait devenir », justifie Olivier Germain-Thomas. L’importance des Nations plus que l’idéologie pour la fin du XXe siècle et le début du XXIe.

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