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Lucetta Scaraffia : une féministe catholique

Lucetta Scaraffia est historienne et journaliste. Elle a écrit « La Fin de la mère » (Salvator) où elle tacle la dépossession de la maternité des femmes au profit de la médecine et du droit.

L’auteure est une féministe convaincue. « Je suis une féministe catholique, et il n’y a pas beaucoup de féministe catholique en France », déclare-t-elle. Mais n’existe-t-il pas une contradiction dans les termes ? Non, pour Lucetta Scaraffia. Pour elle, les Evangiles sont les livres les plus féministes écrits dans l’histoire. « Jésus va renverser le rapport entre hommes et femmes », explique-t-elle. « C’est une égalité de droit et de possibilité dans la différence, qui maintient la différence des hommes et des femmes et qui va protéger la différence des femmes à procréer », poursuit-t-elle. Elle reproche au féminisme actuel une négation de l’altérité et la plus importante de toute : la maternité.

La réforme de l’Église

Lucetta Scaraffia voit dans la démission des évêques chiliens une nouveauté forte. « L’Église doit donner un témoignage de force et de capacité de se réformer soit-même », avance-t-elle. Si le pape et les évêques reconnaissent leur faute, c’est un premier pas vers le changement. Elle note aussi la lutte du pape François contre le cléricalisme, quand les prêtres se voient en corps fermé dont il faut protéger le pouvoir. Lucetta Scaraffia est contre l’intégration de femmes au clergé car cela anéantirait la liberté qu’elles ont. Cela ne doit pas les empêcher d’accéder aux plus hautes fonctions. Elle espère voir un jour une femme cardinale. C’est théoriquement et théologiquement possible, les cardinaux n’ayant pas toujours été prêtres avant. Mais le pape a toujours démenti de telles rumeurs depuis 2013.

Le problème de la GPA

La bioéthique est un autre domaine de prédilection de Lucetta Scaraffia. Membre du conseil national d’éthique italien, elle se bat contre la GPA. C’est une dépossession de la maternité des femmes au profit du droit et de la médecine, selon elle. L’image de la mère est « un symbole d’un amour gratuit, sans compensation », analyse-t-elle. Casser ce symbole n’est pas bon et coupe de la réalité de la vie. Mais ce n’est pas le principal sujet en Italie. L’euthanasie occupe beaucoup plus le débat.