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« Les agriculteurs se sentent mal considérés, ils se sentent abandonnés et puis ils ne voient pas de débouchés à leur passion »

Nous avons rencontré des évêques et un prêtre hier au Salon de l’Agriculture. Ils témoignent de leur rapport au monde agricole aux micros de Marie-Ange de Montesquieu et de Camille Meyer.

28504642_10215202752279732_1153284166_oL’Eglise de France s’est donnée rendez-vous hier au Salon de l’Agriculture pour rencontrer le monde agricole, les évêques avaient à coeur de retrouver leur région et de pouvoir échanger avec ceux qui avaient faitle déplacement. Mgr Boulanger est un habitué du salon, « je suis fils de paysans, je retrouve mes éléments ici et je suis heureux (…) c’est quelque chose que je connais bien, j’aime le contact avec les agriculteurs, ce sont des gens simples qui sont proches de la nature (…) on a besoin de la nature pour vivre, c’est l’évêque jardinier qui vous parle là ».

Pour Mgr Gobilliard, évêque auxillaire de Lyon, c’est surtout grâce à son sacerdoce en Haute Loire qu’il connait le mieux le monde rural : «  j’allais beaucoup plus les voir lorsque j’étais en Haute Loire. Je rencontre quand même des agriculteurs dans le Roannais où j’ai des origines familiales et quand on veut écouter leurs difficultés, leurs soucis, leurs problèmes, il ne faut pas y aller avec un habit institutionnel. Moi ce sont mes amis agriculteurs en Haute Loire qui me parlent de ces difficultés, c’est surtout par eux que je perçois la crise« . Lyon est un diocèse agricole avec le Roannais et le Rhône Vert, « je pense que cette crise, c’est un manque d’espérance, ce n’est pas d’abord des questions financières, même si elles sont importantes, c’est un manque d’espérance, c’est à dire que les agriculteurs se sentent mal considérés, ils se sentent abandonnés et puis ils ne voient pas de débouchés à leur passion« . conclut Mgr Gobilliard.

Dans la délégation d’évêque, nous avons rencontré le père Philippe Doumenge, il accompagne Mgr Mousset, évêque de Périgueux et Sarlat, comme vicaire épiscopal chargé du monde rural pour la Dordogne. Il a l’habitude de rencontrer des agriculteurs :  « on a eu deux rencontres au cours de l’année 2017, nous avons vu une quarantaine d’agriculteurs, qui sont actifs, ils nous ont dit leurs inquiétudes, leurs soucis face à cette réalité de la crise économique et territoriale qu’ils vivent ». Pour le père, il est aussi question de prendre le « pouls de la situation » même s’il reconnaît que son évêque et lui n’amènent pas de solutions ou de remèdes « mais il faut savoir les écouter. Aujourd’hui il y a beaucoup d’angoisses et n’oublions que tous les deux jours, un agriculteur se suicide. Ce qui m’intéresse, c’est ma région, mon département et puis tisser des liens avec des producteurs. Aujourd’hui avec notre évêque, nous allons rencontrer le président du conseil départemental, un certain nombre de partenaires agricoles du Périgord et de la nouvelle Aquitaine. C’est aussi une façon de dire, oui l’Eglise est spirituelle, elle essaye d’être présente sur le territoire mais elle essaye aussi d’être collé à la réalité ».