le direct Musique sacrée

Le monde d’avant de Jean-Pierre Le Goff

Le Grand Témoin est Jean-Pierre Le Goff, sociologue et président du club Politique autrement. Il vient de publier « La France d’hier » (Stock), ou il retrace les vingt années avant 1968 et explique en quoi la modernité n’est pas nouvelle.

Né en 1949 à  Équeurdreville, dans la Manche, Jean-Pierre Le Goff garde le souvenir d’une enfance assez libre. « C’était le temps de l’insouciance », assure-t-il. Et de continuer « on vous foutait la paix ». Si 1968 a apporté un changement clair, la modernisation était déjà un peu en marche avant. C’est ce qu’il veut raconter dans son livre « La France d’hier ». Dans un récit d’égohistoire, il s’appuie sur ces souvenirs mais en les replaçant dans un contexte socio-culturel. Le but ? Rendre compte d’une époque et ne pas s’arrêter à une démarche analytique.

La modernité avant Mai 68

Pour l’auteur, Mai 68 n’est pas « la belle histoire racontée aux enfants par les vainqueurs de 68 ». Depuis 30 ans, le discours de Mai 68, début de la modernisation, n’est, pour lui, pas le bon. Cela fait que : « en contre-réaction, il y a un discours qui consiste à mettre tous nos maux, ou la responsabilité de tous nos maux sur mai 68 ». Mais la modernité est plus ancienne. Dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il y a les prémisses de changements socio-économiques. L’arrivée des Américains et leur matériel de guerre à la pointe et le douloureux souvenir de la défaite de 1940 vont faire prendre conscience du besoin de développement. Sans cela, la France risque de ne plus être une grande nation.