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Henri Tincq : les peurs des catholiques français

Henri Tincq est journaliste, spécialiste du monde religieux et tout spécialement du Vatican aux quotidiens Le Monde et La Croix. Il publie « La grande peur des catholiques de France » (Grasset). Il est le Grand témoin de Louis Daufresne.

S’il avait deux pavés à jeter dans la mare, Henri Tincq les lancerait bien volontiers dans celle de la société française et celle de l’Église. « Dans la société française, la principale alarme, c’est la pression des technologies », explique-t-il. Nanotechnologie, biotechnologie, transhumanisme, il faut faire attention. A court terme, ce sont les lois bioéthiques qu’il faut scruter. A long terme, ce sont les technologies et le transhumanisme qu’il faut contrôler« Dans le jardin clérical, le pavé à jeter, c’est qu’il y a depuis quatre, cinq ans un certain nombre de peurs dans le monde catho qui se traduisent politiquement par une dérive de droite voire d’extrême-droite », analyse-t-il. C’est d’ailleurs tout l’objet de son livre.

Une analyse des peurs

Henri Tincq identifie plusieurs peurs des catholiques français. Il y a d’abord celle d’une hégémonie morale d’une gauche libérale, voire libertaire, depuis 1968. Puis arrivent d’autres angoisses : la montée de l’islam, l’immigration, la laïcité militante agressive, la disparition de ce qui fait l’âme de l’Europe… « Je vois bien les causes, j’identifie les causes, elles sont légitimes », reconnaît le journaliste. « Mais je refuse les conséquences de ces peurs », continue-t-il. Les conséquences c’est un discours droitier voire d’extrême droite. Il regrette : « une époque dominée par ce qu’on appelait, à l’époque, les mouvements d’action catholiques », dans la période juste après le concile. Un moment où l’Église était, selon lui, plus impliquée socialement, dans l’œcuménisme, dans le dialogue. Mais, « je suis fondamentalement un catholique moderne », assène-t-il.