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Catherine Bréchignac : « Aujourd’hui l’homme peut se modifier et se modifier dans le temps »

Grand témoin – Catherine Bréchignac, secrétaire perpétuelle de l’Académie des Sciences, publie L’Irrésistible envie de savoir (Cherche midi). Elle nous parle des enjeux de la bioéthique et de la place des sciences en France.


 « Aujourd’hui l’homme peut se modifier et se modifier dans le temps. »


« La science apparaît à partir de ruptures qu’elle découvre », explique la scientifique Catherine Bréchignac. La nouvelle rupture, aujourd’hui, on la trouve dans le domaine de la biologie, ce qui pose un certain nombre de questions éthiques. « On est capable de se transformer soi-même, […]alors il nous faut prendre le temps de penser. » La possibilité de modification génétique permise par la science renverse les perspectives : « jusqu’ici l’homme avait toujours envie de se surpasser, se transformer, s’améliorer, mais ça n’était pas à partir de quelque chose qu’il pouvait transmette. Aujourd’hui il peut se modifier et se modifier dans le temps.« 

L’Académie des Sciences, dont C. Bréchignac est la secrétaire perpétuelle, joue ce rôle de réflexion éthique. « L’éthique, c’est le mieux vivre ensemble. L’éthique scientifique, c’est la rigueur de la réflexion scientifique, c’est donner l’état exacte des choses comme elles sont, sans utiliser la science à d’autres fins que savoir.« 


« La religion chrétienne a bien fait de séparer science et croyance »


Alors que nous sommes justement plongés dans le réflexion bioéthique, avec les Etats Généraux sur la bioéthique ouverts depuis le 12 janvier dernier, quelle place laisser à la réflexion religieuse ? « La religion chrétienne a bien fait de séparer science et croyance », affirme C. Bréchignac. « Aujourd’hui on a gagné beaucoup dans cette séparation entre la science qui est la construction par la raison et qui est constructive de manière collective, et la croyance qui est personnelle, qui est un vérité que l’on s’applique à soi-même. » Pour autant, « parmi les scientifiques vous avez des gens de toutes confessions. Il y a une laïcité qui fait que vous séparez la science de la croyance mais il y a des croyants« , rappelle-t-elle. Croyance ou pas, C. Bréchignac affirme la nécessité de « mettre l’homme au cœur du problème » pour mener à bien une réflexion juste.


« C’est aussi important d’avoir sur son territoire des endroits qui attirent les scientifiques »


Sur l’avancée des recherches scientifiques, la chercheuse affirme les grandes capacités françaises, performantes dans le domaine des grands instruments (TGV, nucléaire, domaine spatial). Elle préconise de conserver cette exception française : « bien sûr on construit l’Europe,  c’est important, mais c’est aussi important d’avoir sur son territoire des endroits qui attirent les scientifiques« , dit-elle en évoquant la volonté du gouvernement de déplacer le complexe permettant l’observation du « rayonnement synchrotron », matériel français de grande importance, hors de nos frontières pour le mettre à disposition de toute l’Europe. Or selon la scientifique, si nous voulons rester compétitifs, nous devons garder des points d’ancrage qui attirent les meilleurs scientifiques du monde.

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