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Bernard Pellegrin : « Il existe une activité de lobbying pro-sucre considérable »

Si le sucre est nécessaire au bon fonctionnement du corps, nous en mangeons pourtant bien trop. L’OMS recommande un maximum de 40g de sucres par jour, soit la teneur d’une canette de soda. La chercheuse Anne-Françoise Burnol, le Dr. Pierre Nys et le journaliste Bernard Pellegrin nous mettent en garde contre cette « poudre blanche ».

 


« Il y a mécanisme addictif déclenché par consommation excessive de sucre »


Comment le sucre peut-il être si mauvais s’il est pourtant si nécessaire ? Le Dr. Nys rappelle que « le goût sucré est inné chez le bébé, puis il devient culturel, on l’associe à la récompense. » « Il y a mécanisme addictifs déclenchés par consommation excessive de sucre« , explique-t-il. « Nous vivons dans une civilisation du sucre, qui fait que tout ce qui est sucré nous plaît. » appuie B. Pellegrin.

Le problème, explique A-F Burnol, ce sont les sucres cachés, « les plus pernicieux » car les plus addictifs, synthétisés en laboratoire et que l’on trouve absolument partout.


« La première cause d’amputation dans les pays développés c’est le diabète »


Or on le sait, une surconsommation de sucre amène divers problèmes de santé : obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires. « La première cause d’amputation dans les pays développés c’est le diabète« , déclare la chercheuse.

Un problème qui n’est pas l’apanage des pays développés, et qui s’étend largement aux pays émergents : « Dans les pays émergents on voit une augmentation de la prévalence de la maladie diabétique, car ces gens ont modifié leurs habitudes alimentaires et mangent plus mal » explique le Dr. Nys. Un changement d’alimentation notamment dû à l’influence occidentale. « C’est une préoccupation extrêmement importante, au niveau des pays émergents. On leur apporte notre malbouffe » déclare A-F Burnol.

A qui en imputer la responsabilité ? « Il existe une activité de lobbying pro-sucre considérable, notamment  à Bruxelles, pour faire bouger la loi. » explique B. Pellegrin. « Il y a des études pseudo-scientifiques payées par ces lobbyistes pour démontrer l’innocuité du sucre, ou pour montrer que quand on grossit c’est la faute du gras, pas du sucre. »


« La solution miracle c’est l’éducation »


Que faire alors ? « La solution miracle c’est l’éducation : apprendre aux gens à faire leur course et à cuisiner ! » martèle le Dr. Nys, « il faut éduquer les enfants, l’obésité infantile augmente de façon épouvantable, avec des diabètes chez les enfants en bas âge ! Or un enfant de 9-10 déjà diabétique aura forcément des complications. »

Cuisiner pour savoir ce que l’on mange et éduquer pour sortir de la société du sucre sont donc les deux attitudes à adopter pour préserver notre santé.