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Soeur Bernadette Moriau: « je voudrais garder la simplicité de Sainte Bernadette »

Sœur Bernadette Moriau, reconnue comme la 70 ème miraculée de Lourdes depuis le 11 février dernier, est une pèlerine comme une autres quand elle ne témoigne pas  des grâces reçues auprès des jeunes et des malades. Rencontre. 

Soeur Bernadette, vous êtes sous le feu des projecteurs depuis le 11 février dernier, qu’est ce qui a changé depuis ? 

Qu’est ce qui a changé ? de passer d’une vie simple à une vie publique. Ce n’est pas toujours facile, ce n’est pas toujours évident mais voilà, je le vis dans la simplicité, comme une mission mais je reste toujours la même. Je prie l’Esprit Saint de mettre en moi le message à transmettre que j’ai reçu de la Vierge et de Jésus. Je trouve quand même que j’ai moins de temps personnels. Je prie beaucoup plus, il faut évidemment avoir des temps personnels, j’en ai besoin, mais c’est plus une prière continuelle. Je ne vis pas un seul instant sans cette référence au Seigneur, et cette action de grâce et la Vierge Marie. C’est devenu une respiration. A lourdes, qu’il y ai du monde ou pas, le plus important c’est que le message passe puisque ce n’est pas le mien.

Lundi 13 août, vous avez témoigné devant des centaines de jeunes présent à Lourdes, quel message souhaitez vous leur délivrer ? 

Avec les jeunes, c’est toujours extraordinaire, c’est une certaine catéchèse que ce soit dans la vie chrétienne, à la vocation, à la relation aux malades. Les jeunes ont besoin de témoins et je le vis vraiment comme ça, comme témoin de la grâce de Dieu, de ses merveilles, avec mon humanité. La maladie, je ne l’ai pas toujours vécu allègrement, j’ai mes faiblesses, je ne suis pas une sainte pour autant.

Témoigner, c’est une mission que j’ai reçu de l’Eglise, si je le faisais de mon propre chef, je n’aurais pas cette grâce, je le vis dans cette dépendance à l’Eglise pour moi c’est une grande force, je ne parle pas pour moi, je parle pour le Seigneur et pour transmettre la foi.

Est il important de rappeler aujourd’hui aux jeunes qui doivent s’engager à Lourdes ?

C’est indispensable parce que les malades ne font pas peur. Un jour on m’a dit « ils vont avoir peur » mais non ce n’est pas vrai, les malades ne font pas peur. Aujourd’hui on vit dans une société où l’on a peur de la fragilité, il faut être beau, il faut être fort alors que l’essentiel n’est pas là. Il y a des malades qui rayonnent dans leurs fauteuils roulants et ils ont beaucoup à nous apprendre.

Quel message pour les malades ?

Le Seigneur marche avec nous, qu’Il voit nos souffrances et nous accompagne. Que Marie est toujours à nos côtés. Quand on parle de maladie, je repense toujours au pape François à Fatima quand il dit que les malades et l’offrande de leurs souffrances, c’est une mission essentielle à l’Eglise. Pour moi, ce qui compte aux yeux de Dieu, ce n’est pas ce que je fais mais c’est ce que je suis. Alors je leur dis qu’on peut toujours demander la guérison mais on peut aussi demander la grâce de pouvoir vivre la maladie et la grâce de pouvoir rester ouvert aux autres. Dans la maladie, le jour ou l’on se renferme sur soi, on, meurt. Nous sommes des êtres de relations, Jésus est trinitaire, c’est une relation d’amour, nous sommes appelés à la même chose avec Jésus et avec nos frères et sœurs. Je n’avais pas demandé une guérison mais une conversion du cœur. Alors on m’avait dit « mais vous êtes sœur vous n’avez pas besoin d’être converti » mais si, on a tous besoin de conversions. Plus on s’approche de Dieu, plus on se sent pécheur, plus nous avons besoin de conversions.

Il faut vivre la maladie en communion avec d’autres et le fait de se retrouver à Lourdes avec les Hospitaliers, avec les malades, ça remplit d’espérance et les malades ne partent jamais sans une grâce. Je dis toujours que je ne suis qu’un instrument. Je laisse passer la grâce et je reste ce que je suis, pécheresse comme vous. Je reste une petite sœur et puis point. Je n’ai rien d’une star, je reste ce que que je suis. Je pense souvent à Sainte Bernadette, je la prie beaucoup, j’aimerais garder sa simplicité. Je la prie beaucoup.