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Le Débat de la Semaine : manifestations, Alfie Evans, les croix en Bavière et l’exit taxe

Jean-Pierre Denis, directeur de l’hebdomadaire La Vie, Victor Loupan et Rebecca Pinheiro traitent cette semaine de quatre thèmes : les manifestations du 1er mai, l’affaire Alfie Evans, les croix en Bavière et l’exit taxe.

Le premier sujet est celui des manifestations violente du défilé du 1er mai. Ce qui frappe Jean-Pierre Denis, c’est l’absence de mémoire de la classe politique et des journalistes. « Il n’y a rien de très nouveau dans ces dégradations, dans ces violences. Il s’est produit la même chose à Nantes il y a quelques années et sans parlé du rassemblement contre le G20 à Gênes en Italie », explique-t-il. Et de préciser : « ce sont des poussées de violences sporadiques extrêmement organisées, mais on ne peut pas dire que tout d’un coup il y a une dérive de la société vers une flambée de violence qui gagnerait tout ». Un avis suivi par Victor Loupan : « je ne ferai pas de cette histoire quelque chose d’important ». Rebecca Pinheiro, elle, salue le travail des forces de police mais regrette un peu le faible nombre d’arrestations. « C’est hallucinant que l’on soit aussi mou dans ce pays », tance-t-elle.

Alfie Evans

Alfie Evans, était un bébé britannique en état semi-végétatif à cause d’une maladie dégénérative rare. Il est décédé samedi dernier après une longue bataille judiciaire de ses parents pour obtenir, en vain, la poursuite de son traitement contre l’avis des médecins, un cas qui a mobilisé jusqu’au Vatican. Pour Victor Loupan, c’est l’idéologie de l’euthanasie qui a gagné les cours de justice. Une position partagée par Rebecca Pinheiro qui tacle une société mise sous le pouvoir des juges. Or les juges poursuivent une certaine marchandisation de la vie selon elle. Jean-Pierre Denis contrebalance ces idées : « Je suis très heureux de vivre dans un état de droit ». Il entend par là que le rôle des juges n’est pas forcément à rejeter, même dans ces situations compliquées. Il dénonce aussi l’acharnement thérapeutique dont pouvait souffrir le petit Alfie et appelle à être aux plus près des faits : transférer l’enfant dans un hôpital romain ne l’aurait pas sauvé, car il serait allé dans une unité de soins palliatifs.

Les crucifix en Bavière

L’Etat régional de Bavière a pris la sa décision d’imposer des crucifix dans les halls d’entrée de ses bâtiments publics en signe de « reconnaissance de son identité ». Victor Loupan assure que c’est n’est pas un problème religieux mais culturel car la croix est ici présentée comme un référence à la culture bavaroise, fortement catholique. Jean-Pierre Denis est d’accord mais craint toute instrumentalisation possible de la foi, car la décision a été prise par le parti CSU, de droite et conservateur, peu de temps avant des élections. Rebecca Pinheiro ajoute : « le parti met la main sur le dossier identitaire ».

L’exit de l’exit taxe

L’exit taxe est une taxe sur les sociétés qui quittent la France. Elle est calculée sur la différence de valeur entre l’achat ou la création de la société en France et le moment où elle quitte le territoire. « C’est une taxe qui ne fonctionne pas », assène Jean-Pierre Denis. Mais annoncée en catimini dans un journal anglophone, dans un moment où le gouvernement est taxé d’être « pro-riche », il se pause la question de la pertinence de cette décision. Victor Loupan acquiesce et précise que cette taxe était décriée par une bonne partie de la classe politique, mais que personne ne l’avait enlevée avant, par manque de courage politique. Rebecca Pinheiro termine en précisant qu’il faut quand même se pencher sur l’apport réel de cette taxe avant de la décriée : elle devait rapporter 200 millions d’euros, il est dit qu’elle rapporte 70 millions par le gouvernement. Mais la Cour des Comptes annonce le revenu de cette taxe à 800 millions. Il faut donc faire attention avant de critiquer.