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Le Débat de la Semaine : l’Union Européenne, les USA et la réforme des institutions

Henrik Lindell, Victor Loupan et Patrice de Plunkett sont les participants du débat de la semaine. Au programme : la réforme de l’Union Européenne, le rôle des américains dans sa protection et la réforme des institutions en France.

Le premier sujet abordé par les débatteurs est l’Europe. Emmanuel Macron a reçu le prix Charlemagne le 10 mai. Il récompense les personnes ayant œuvré à l’unification de l’Europe. Henrik Lindell note d’abord un discours allant de l’avant, pro-réforme européenne. Mais il retient surtout la parole d’Angela Merkel qui a déclaré : « le temps où l’on pouvait compter tout simplement sur les États-Unis pour nous protéger est révolu ». Un avis suivi par les deux autres journalistes. Victor Loupan trouve intéressant cette concordance des temps entre le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, la menace de sanction sur les entreprises qui y commercent et le besoin des Européens de prendre leur défense en main. Il constate aussi un fait totalement nouveau : la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne s’éloignent de l’allié historique et se retrouvent sur la même ligne que la Russie et la Chine. « Il y a le passage d’un monde à l’autre dans lequel les Européens pourraient s’affirmer », propose-t-il. Mais il en doute. Patrick de Plunkett le suit : « Si l’Amérique ne nous protège plus, si l’Otan ne nous protège plus alors il faut que l’Europe se dote d’une autonomie stratégique militaire et donc politique. Mais c’est une révolution copernicienne ».

La réforme des institutions en France

Le principe qui guide le projet de réforme des institutions, c’est l’efficacité. Pour cela, il faut redorer l’image présidentielle et rationaliser le parlement. « Le trait du quinquennat de Macron, c’est un show permanent très habile, très séducteur qui a en effet restauré l’image de chef d’Etat. C’est du très beau boulot. Les méchantes langues diront que c’est du travail d’acteur », analyse Patrice de Plunkett. Mais selon lui : « il se passe dans les faits un tour d’écrou de la technocratie financière », qui s’accompagne d’une re-centralisation. La Cinquième République a déjà été pensée comme voulant contrer l’inefficacité du parlementarisme de la Quatrième. Aller encore plus vers un régime présidentiel peut être dangereux parce que, dans cette recherche d’efficacité, il faut se demander son but et ses conditions d’exécution. Victor Loupan et Henrik Lindell sont d’accord avec ce retour de la centralisation. « La régionalisation n’a pas apporté ce qu’elle aurait pu apporter », déclare Victor Loupan. Il poursuit en rappelant que la situation des périphéries de la France, ça fait 20 ans qu’elles sont abandonnées. Henrik Lindell ajoute que le mouvement de métropolisation, qui consiste à faire des grosses villes qui rassemblent tous les services au détriment de la ruralité, vient en parti aussi de la mondialisation. Il faut donc trouver un juste milieu.