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Mai 68 vécu par un lycéen : le témoignage de François Vaillant

Le Grand Témoin est François Vaillant. Il était lycéen à Saint Germain-en-Laye en mai 68. Il raconte comment les événements l’on façonnés et quels souvenir il en garde.

Mai 68 est fortement marqué par deux mobilisations : celles des étudiants d’abord et celle des ouvriers et salariés. Une est un peu moins connue : celle des lycéens. François Vaillant raconte qu’un beau matin du mois de mai, il est arrivé devant le lycée Marcel Roby, bloqué par des terminales. « On s’est retrouvé à faire une première journée de grève sans savoir pourquoi », se rappelle-t-il. Lui ne voulait pas du blocage : une compo de latin devait lui permettre de remonter sa moyenne. La compréhension de ce qui ce passait alors viendra plus tard grâce à la discussion et au débat.

Un goût pour l’échange

« J’ai vécu mai 68 avec le goût de la discussion », raconte François Vaillant. Le blocage était sans violence et la disputatio étaient de mise. L’échange d’idée se faisait grâce aux lectures, aussi bien les penseurs communistes dans le texte, que avis différents dans les journaux. « J’ai découvert qu’il y avait d’autres journaux que le Figaro et France Soir », se souvient-t-il. Et de continuer : « on était incité à se faire sa propre idée par soi-même ».

La recherche de liberté

La liberté était bien sûr au centre des débats. « C’était par rapport à la famille et au milieu ambiant, des conquêtes de liberté bien précises et la sexualité n’était pas le moteur de ça », révèle-t-il. La liberté de se mouvoir était par exemple d’une grande importance avec cette revendication de pouvoir avoir une mobylette ou un solex à partir de 14 ans. Mais c’était aussi le début du retour à la nature et le refus de la société de consommation.

Des changements dans l’Église

Mai 68 a amorcé des changements au sein même de l’Église catholique. « A partir de septembre 68, une fois par mois, dans le grand cinéma de Saint Germain, le Royal, 800 places assises, il y avait une messe célébrée avec auparavant un film qui était diffusé gratuitement, et là venaient chrétiens et non chrétiens », assure François Vaillant. C’étaient les premières messes des jeunes. Mais au niveau des institutions scolaires, entre public et privé, ce n’était pas la même chose. Le public était bloqué mais le privé avait plutôt peur de ce qui se passait. Cette différence notoire, François Vaillant l’a comprise, car lui était dans un lycée public, et son frère dans un lycée privé. Il a donc pu faire une sorte d’étude comparée, lui qui cherchait avant tout à comprendre ce qui se passait.