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Les cathos toujours plus à droite ?

Jérôme Fourquet est directeur du département opinion et stratégies d’entreprise de l’IFOP. Il présente son dernier livre « À la droite de Dieu – catholiques, vers la radicalisation ? » (Cerf) ou il essaie de comprendre qui sont ces cathos engagés et d’où ils viennent.

La Manif Pour Tous, Sens Commun, François Fillon, les chrétiens d’Orient, la crise migratoire… Sur tous ces sujets, les médias notent un regain de participation des catholiques à la vie publique. Mais il faut étayer cette intuition. Pour cela, les sondages peuvent apporter des réponses. Qui sont les catholiques ? « C’est une vaste question à laquelle l’IFOP est confrontée depuis longtemps », répond Jérôme Fourquet. Et de préciser la manière de les faire émerger statistiquement : « on a la faiblesse de penser que ce sont les personnes interrogées les plus à même de d’y répondre ». Pour cela, dans les enquêtes, la question de la pratique religieuse est régulièrement posée si cela peut avoir un impact sur les résultats du sondage en cours. Il reconnaît ensuite que : « les pratiquants sont quand même très marqués sur certaines questions ». Ce qui les différencie des catholiques culturels.

Un regain de participation publique

Pour l’auteur, la France a été façonnée par : « une matrice catho-laïque ». Cette matrice a créé des comportements avec une certaine permanence historique. Depuis 50 ans cependant, il y a un déclin de la pratique du catholicisme. « C’est un changement anthropologique majeur », s’enthousiasme Jérome Fourquet. Avant,  il y avait un accord tacite entre la France catholique et la République française qui gardait une prévalence des façons de voir catholiques dans la société. L’érosion de la pratique détruit ce pacte de non-agression. Pour l’auteur, si les catholiques pratiquant s’investissent plus dans la débats sociétaux, c’est parce qu’il y a : « une prise de conscience du statut minoritaire des pratiquants tous les dimanches », explique-t-il. Ils veulent contrer les attaques de leaders politiques ou sociaux contre cette matrice historique. « On n’a pas fini de constater les conséquence à long terme de ce changement », conclut l’auteur.