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Les Black Blocs remettent-ils en cause l’ordre social ?

Le débat du jour avec Sébastien François-Conrado, rédacteur en chef des Décodeurs 360° et Florent de Gigord, fondateur de la plateforme Takecare dédiée au dialogue islamo-chrétien.

Suite aux violences du défilé du 1er mai, la question est posée dans tous les médias : qui sont les black blocs et remettent-ils en cause la démocratie ? Florent de Gigord précise d’abord que les médias sont une caisse de résonance dès qu’il y a des actions violentes  ou atypique : « il y a un effet loupe qui est énorme ». Il est connu des black blocs et utilisé par eux par les images qui sont faites et les réseaux sociaux. Mais pour lui ça n’a que peu d’impacte. « Sur le fond, les choses tiennent et, je pense, comme jamais elles n’ont tenues », explique-t-il. Sébastien François-Conrado note l’ampleur de leur présence : 1200 black blocs. Il analyse le faible nombre de garde à vue, environs 100, par les techniques utilisées : des vêtements « civils » pour se fondre dans la foule si besoin, et mettre les manifestants « pacifiques » entre eux et la police. Grâce aux violences, ils gagnent en visibilité.

Qui sont-ils ?

Savoir qui ils sont est plus difficile. Sébastien François-Conrado indique : « c’est devenu la grande spécialité de l’extrême droite de faire porter le chapeau à l’extrême gauche en s’incrustant dans les manifs et en cassant un petit peu tout ce qu’il y a autour et décrédibiliser le mouvement ». Les black blocs se revendiquent eux-même comme un mouvement qui n’est pas organiser de manière traditionnel comme un syndicat ou un parti. Il y avait sans doute différentes mouvances. Il n’empêche que la majorité vient de l’anticapitalisme et de l’anarchisme et les graffitis tendent à le prouver. « Est visé Macron et le capitalisme », rappelle Florent de Gigord.

A qui profite le crime ?

Casser permet de gagner en visibilité pour le mouvement black bloc. Mais s’il y a des perdants de ces violences, ce sont les syndicats pour  Sébastien François-Conrado. « Le problème c’est comment est-ce que ça profite. Parce que au finale l’objectif c’est décrédibiliser. Mais décrédibiliser qui ? C’est les syndicats qui paient. Et pour le coup on peut être quasiment sûr qu’ils n’avaient rien à voir avec les black blocs. C’est un problème démocratique si on décrédibilise la seule contestation, il n’y a plus de démocratie », regrette-t-il.