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Le service universel obligatoire fait débat

Pour ou contre la mise en place d’un service universel obligatoire pour les jeunes. Les annonces officielles restent à venir mais les arguments sont déjà aiguisés de part et d’autre. Décryptage.


Peu de choses ont filtré sur ce que sera ce service. Parmi les interrogations, il y a le caractère obligatoire ou pas, militaire ou civil. S’il reste des questions sur  la forme et les moyens pour le mettre en place, le fond semble acté. Il s’agirait de créer un sentiment entre tous les Français d’une unité national par ce service. « Nous sommes dans un pays où nous cherchons depuis des années à reformer quelque chose qui ressemblerait à la Nation », analyse Edouard Tétreau, essayiste, conseiller de dirigeant d’entreprise et fervent partisan du projet.

L’apprentissage d’une identité

Pour cela, le service national obligatoire lui paraît le meilleur moyen : « quand on rend service à quelqu’un ou à quelque chose, on construit son appartenance à ce quelqu’un ou ce quelque chose », argumente-t-il. Il devance les trois contre-arguments du prix, des effectifs et de la forme militaire. Pour le prix, il soutient que la réforme de l’apprentissage peut permettre de gagner 3 milliards d’euros, ce que coûterait la mise en place du service. Il appelle à l’utilisation des jeunes retraités de l’armée et des réservistes pour la formation et ainsi, à ne pas dégarnir l’armée d’active. Il se prononce pour une partie de militaire mais pas pour tous. ENFIN ? Edouard Tétreau veut une meilleure éducation sur ce qu’est la Nation.  « Il ne faut peut-être pas attendre 18 ans pour apprendre à nos enfants comment s’est construite notre Nation et pourquoi la composante défense et militaire st aussi importante », conclut-t-il.

Ne pas confondre la fin et les moyens

Pour Bénédicte Chéron, historienne et enseignante à l’Institut Catholique de Paris, il faut faire attention à l’image qui existe du service militaire. Il y a, pour elle : « un recours à une mythologie d’une conscription ancienne qu’on idéalise ». Le but premier du service militaire était d’abord d’avoir une armée en cas de conflit. De cette fin découlait des bénéfices secondaires comme le brassage social. Mais l’auteure précise : « à partir du moment où les jeunes Français n’ont plus cet objectif qui est de porter les armes pour la Nation et bien peu à peu ce service national n’a plus de conséquence sur le brassage social ». Sur la fin, n’ayant plus de but commun, le service s’est dégradé, ce qui a engendré son arrêt. « Les plus favorisés font des services civils ou échappent carrément à l’appel tandis que les moins favorisés qui ne bénéficient pas du réseau se retrouve comme on dit vulgairement, bidasse ou troufion dans l’Armée de terre », ajoute-t-elle. Elle dénonce enfin la confusion des annonces et du calendrier.