le direct Musique sacrée

Le Débat de la Semaine : Sarkozy, Facebook, Islam et religiosité en Europe

Patrice de Plunkett, Carol Saba et Jean-Marie de Bourqueney livrent leurs analyses sur l’actualité de la semaine écoulée. Au sommaire : le financement de la campagne présidentielle de 2007 par la Libye, l’affaire Facebook, la tribune du Figaro contre le séparatisme islamique et une enquête sur le fait religieux en Europe.

Le premier sujet est d’une actualité brûlante. Nicolas Sarkozy était l’invité du 20h de TF1 pour donner sa version dans l’affaire du prétendu financement de sa campagne de 2007 par Kadhafi. Après avoir rappelé la ligne de défense de Nicolas Sarkozy : c’est une vengeance de la famille du dictateur, Patrice de Plunkett explique : « on n’est que sur des indices, et tant qu’on ne sera que sur des indices, c’est du journalisme quotidien à condition de ne pas en tirer des conclusions prématurées. Même si les indices sont troublants ». Jean-Marie de Bourqueney regrette lui : « ça va entretenir une fois de plus un grand nombre de soupçons vis-à-vis du monde politique ». Il est aussi choqué de voir une personne mise en examen aller directement s’expliquer à la télévision. « Il y a une atteinte à l’indépendance de la justice », affirme-t-il. Une opinion partagée par Carol Saba. Avocat, il prête une attention particulière à la procédure et à son respect. « Mais est-ce qu’on est dans ce schéma-là », s’interroge-t-il, parce que « les deux parties cherchent à prendre à témoin l’opinion publique ».

 Affaire Facebook – « On est cocu depuis belle lurette et on s’émeut encore »

Facebook et la protection des données

Après un résumé extrêmement précis des déboires de Facebook par Patrice de Plunkett, il conclut que la dérive de réseau social avec une trop grande utilisation des données et une possibilité d’influencer les gens, viennent du modèle économique. C’est la radicalité des opinions qui permet de gagner le plus d’argent en publicité. Jean-Marie de Bourqueney tient à rappeler que le principe des réseaux sociaux est de partager soi-même les données. Il se prononce pour l’instauration de règles au niveau européen. Une opinion partagée par Carol Saba : « on est cocu depuis belle lurette et on s’aime encore ». Pour lui, la création d’un cadre légal est compliquée car il s’agit d’une nébuleuse juridique.

Le séparatisme islamique et la pratique religieuse en Europe

Les deux derniers sujets traitent du fait religieux. Suite à une tribune signée dans le Figaro par cent intellectuels, la question de la présence d’un séparatisme religieux en France se pose. Pour Jean-Marie de Bourqueney, le constat est bon : il y a bien un risque pour la démocratie. Mais la manière de le dénoncer est simpliste. « Il faut comprendre d’où ça vient », assure-t-il. Il faut à tout prix éviter une contre-société. Les deux autres débatteurs approuvent ce constat. Le dernier sujet vient d’une étude réalisée par le sociologue et théologien Stephen Bullivant pour l’Université Saint Mary’s Twickenham et l’Institut Catholique de Paris. Effectuée en vue du Synode des jeunes qui se tiendra à Rome en octobre prochain, elle révèle une grande disparité entre les 21 pays européens choisis et Israël. Par exemple, 17% des jeunes ne s’identifient à aucune confession en Pologne contre 91% en République Tchèque. Jean-Marie de Bourqueney souhaite préciser ce qui fait l’appartenance à une religion : une identité ou une conviction. Il explique donc que cette disparité vient de cette différence du fait religieux dans les  pays. Carol Saba pense que les différences sont aussi un mélange. « On mélange souvent la question de la religiosité avec celui du rapport à la foi. Ce sont deux ordres tout à fait différents. On ne peut pas les télescoper », assure-t-il.