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Joseph Thouvenel : « la CFTC défile rarement le 1er Mai »

Grand Témoin – Joseph Thouvenel est le vice-président de la CFTC. En ce 1er mai, il vient nous parler du syndicalisme en général et de la manière de porter les revendication en particulier.

Si la CFTC ne défile pas souvent le 1er mai, elle n’en est pas moins active. C’est sur le terrain culturel qu’elle est présente, avec la diffusion à Paris d’un film italien sur la négociation en entreprise. Par rapport aux syndicats qui vont défiler : « on voit très bien qu’il y a deux visions du syndicalisme entre ceux qui veulent avancer par la politique des petits pas, la discussion, la négociation et ceux qui veulent avancer par la révolution », explique le syndicaliste. La revendication peut ne pas être violente ou dans un rapport de force musclé. « Nous revendiquons tous, tous les jours. La revendication, c’est faire part d’un souhait, d’une envie, d’une nécessité », indique-t-il. La manière de l’obtenir peut ensuite varier entre syndicalisme réformiste (CFTC, CFDT) et syndicalisme révolutionnaire (CGT, FO).

Une méfiance face à la convergence des luttes

Si certains syndicats regrettent qu’il n’y ait pas de cortège commun cette année et que tous les fronts sociaux ne soient pas rassemblés, Joseph Thouvenel lui préfère cela. La promesse d’un grand soir ne lui plaît pas. « Tous ceux qui veulent nous emmener dans le Grand Soir, nous réveillent au petit matin ou on est fusillé à l’aube », déclare-t-il. La convergence des luttes relève, pour lui de la démagogie et de l’hyper individualisme, qui n’est pas bon dans la société car ne permet pas le bien commun. Dans les luttes sociales, il faut des corps intermédiaires pour faciliter le dialogue et représenter les personnes. Le syndicat ne doit pas chercher plus. Mais d’autres syndicats se voient comme l’élément qui doit renverser le pays pour arriver à l’égalité complète. C’est une version marxiste léniniste du syndicalisme, qui est encore dans les textes fondateurs de la CGT, Solidaire, ou FSU. Ils veulent aussi une abolition du salariat. Mais Joseph Thouvenel prévient : « on s’aperçoit que tous ceux qui veulent un lien direct entre le pouvoir, l’Etat, et les personnes, qu’ils appellent individus, c’est en germe la dictature parce que dans ces cas là l’état peut tout imposer ». Mais un capitalisme sans syndicat, sans régulateur est tout aussi néfaste. Pour Joseph Thouvenel, il faut des corps intermédiaires solides, la famille en tête.