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Emmanuel Macron, le président post moderne

Grand Témoin – Louis Daufresne reçoit deux invités pour continuer le commentaire du discours d’Emmanuel Macron aux Bernardins. Autour de la table : Michel Maffesoli, sociologue et Paul-François Paoli, chroniqueur au Figaro Littéraire.

Les deux interlocuteurs sont d’accord : le discours du président a été remarquable… d’un point de vue rhétorique. Michel Maffesoli attaque : « Ce qui est une caractéristique du président Macron c’est que c’est un bon théâtreux ». Paul-François Paoli reprend : « C’est de l’excellent théâtre, une élévation du niveau rhétorique ». Mais : «  il y a une dimension de simulacre qui est très importante ». Utilisant l’analyse platonicienne de la démocratie, les deux notent que ce passage à une théatrocratie, pouvoir des gens de théâtre, ils trouvent que c’est un affaiblissement de la démocratie véritable. Michel Maffesoli affirme que l’Église catholique est inélégante d’apprécier le discours qui reste : « du divertissement pascalien ». Le discours reste sur la forme plutôt positif pour les catholiques selon Paul-François Paoli. « C’est méritoire de dire comme il l’a dit, ce que la France doit à la culture catholique ».

Macron, un président post moderne

Le sujet d’étude de Michel Maffesoli est la post modernité. En même temps concept philosophique et constat du réel, c’est la société de l’oxymore, du « et ceci, et cela ». L’identité est changeante et les points de référence ne sont plus immuables. La base de la société repasse à la tribu de pairs, la communauté plus que la Nation. « Le président Macron est une bonne cristallisation de l’esprit du temps», explique Michel Maffesoli. Dans cet esprit, il change de discours en fonction des interlocuteurs.

« Toujours s’ajuster à ce qui est pour lui des tribus, des communautés »

Si Paul-François Paoli suit cette analyse, tant du président que de son discours, il rétorque quand même que la faute n’est pas entièrement sur Macron. « Il ne faut pas accabler Macron plus que les autres. On essaye de savoir ce que pense des gens qui n’en savent eux-même rien. Chirac, Hollande, Sarkozy on ne sait pas ce qu’ils pensent mais en fait l’interrogation est absurde parce qu’ils n’ont pas de pensée », tacle-t-il.

>> Le discours d’Emmanuel Macron aux protestants en septembre 2017