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Emmanuel Macron : analyse d’un an de mandat

Décryptage se penche sur la première année d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Pour en parler : Christian Makarian, directeur délégué de l’Express, et Edouard Tétreau, chroniqueur, essayiste et conseiller de chef d’entreprise.

La fin de la première année de mandat est tendue socialement pour Emmanuel Macron. Mais comme il l’a répété cette semaine dans les différentes interventions médiatiques, il a dit ce qu’il ferait. Concernant toutes les réformes, Christian Makarian assure que : « il avait pour but principal de rétablir l’unité ». Maintenant : « Emmanuel Macron est rentré dans le dur ». « A ce stade les grévistes se trouvent isolés », mais ils vont utiliser tous les moyens possibles pour essayer de faire reculer le gouvernement. « Il y a bel et bien un front qui conteste Emmanuel Macron par la gauche », analyse Christian Makarian. Il joue l’avenir des quatre années de mandat qui lui restent et, sans doute le deuxième mandat qu’il brigue.

Quelle auto-évaluation de Macron lui même ?

Edouard Tétreau revient sur la question initiale et répond : « vous le voyez depuis quelques jours, il n’est pas dans l’auto-célébration encore moins dans la comptabilité de ce qui a été fait, ce qui a été réussi ». Ce qui tranche, selon lui, avec François Hollande qui publie une livre pour justifier son bilan et donner des leçons. « Le contraste est assez fort », sourit-il. Avec le contexte, « on voit bien qu’il y a une prudence, une retenue non seulement dans le discours mais dans l’action du gouvernement », continue-t-il. Et il rajoute : « une efficacité, une fermeté ». Si les réformes sont en train de passer et que les anti-macrons cherchent de nouveaux chevaux de bataille c’est qu’ : « il vise un peu juste ».

Un mauvais débat

Les deux invités sont d’accords : le débat de dimanche soir sur BFMTV a endommagé le journalisme. « Cette opération, ça a été requiem pour le journalisme de délation pour une part, et pour le journalisme d’invective d’autre part », explique Edouard Tétreau. Pour Christian Makarian : « le président n’a pas conçu cela comme une mission grand public qui devait toucher tout le monde. La cible, c’était cette élite de gauche et d’extrême gauche qui empoisonne la vie de Macron ». De la séquence médiatique en général, il y a quand même un bémol, « le journalisme d’investigation en a souffert mais le journalisme tout court aussi ». Entre Jean-Pierre Pernaud et Jean-Jacques Bourdin n’existe-t-il pas un juste milieu journalistique ?

La séquence aux Bernardins

Les invités ont aussi évoqué le discours d’Emmanuel Macron aux Bernardins. C’est un discours à marquer d’une pierre blanche pour Edouard Tétreau. Il note que : « ce discours qui a été, je crois, une main tendue dont on a pas d’équivalent au moins dans les présidents précédents de la Vème République ». Il faut saisir cette main tendue car le catholicisme a structuré la France, estime le consultant. Il poursuit : « ce qui me chagrine aujourd’hui, c’est d’entendre dans la communauté catholique : ‘Oh la la on va pas se faire attraper si facilement’ ». Christian Makarian est d’accord avec l’action du président de la République de parler aux religions, car « il n’existe presque plus de conflits qui ne comportent pas une composante religieuse essentielle ». Donc faire excès de zèle laïc n’apportera pas la paix.  Il distingue deux choses : « le laïcisme, c’est l’évacuation du religieux, la laïcité, c’est la remise de la religion à sa juste place ». Donc par son discours le président a respecté le deuxième mais pas le premier, au grand dam de certains opposants.