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Edouard Tétreau : « Le but de Macron, c’est vraiment de redresser un pays. Lui redonner les moyens d’être fier de lui-même »

Quel premier constat de la politique d’Emmanuel Macron et du gouvernement d’Edouard Philippe peut-on dresser ? Quelle direction prend-elle ? Doit-on s’en montrer satisfait ou pas? Edouard Tétreau  (chroniqueur et essayiste et Corinne Lhaïk  (journaliste à l’Express) nous livrent leurs analyses.

 

 


 « Une sinon deux générations au pouvoir ont laissé filer un pays, remettant à plus tard les efforts qu’il fallait faire« 


L’enjeu majeur que met en exergue Edouard Tétreau est la « remise en mouvement du pays », déjà engagée par les multiples réformes depuis le début du quinquennat. « Une sinon deux générations au pouvoir ont laissé filer un pays, remettant à plus tard les efforts qu’il fallait faire » souligne l’essayiste. Avec E. Macron, le virage politique se fait clairement sentir : aujourd’hui, le leadership a une autorité, tant à l’Elysée qu’à Matignon. « Cela fait du bien de voir que les députés travaillent, enchaînent les réformes, […] ma crainte c’est  davantage la réponse de la société civile. On donne aux entreprises toutes les clés pour embaucher, mais il ne se passe pas grand chose« .

Face à la déresponsabilisation des corps intermédiaires, Macron fait le pari de leur donner les clés pour agir et les remettre en marche. « C’est un pari sur le comportement des entreprises et des investisseurs », appuie C. Lhaïk, « l’essentiel de l’action de E. Macron est dans le champ économique et social »: il s’agit pour le président de favoriser l’innovation, de dynamiser le potentiel de croissance de France, et de libérer l’investissement en prenant des mesures fiscale. Parallèlement « il veut, par des politiques structurelles, corriger la situation de ceux qui ne profitent pas de la croissance très inégalitaire, qui profite à ceux qui ont déjà quelque chose ». Pour autant tout n’est évidemment pas idyllique. C. Lhaïk soutient que si E.Macron affirme que notre économie laisse des personnes sur le bord de de la route, et qu’il faut travailler à les réintégrer au mouvement, les mesures qu’il prend « soit on ne les voit pas assez, soit elles  ne sont pas assez nombreuses, soit elles ne sont pas assez comprises, soit elles n’ont pas encore d’effet », entraînant une politique « un peu bancale ».

 


« Un gouvernement qui prend des risques, qui va à rebours des totems que l’on avait crus intouchables ces dernières décennies« 


 

La force d’E. Macron et son mérite, c’est de gérer « un gouvernement qui prend des risques, qui va à rebours des totems que l’on avait crus intouchables ces dernières décennies, en est preuve la mise en place du plan de départ volontaire », un « tabou » qui vient de tomber grâce au ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin. Sur les questions sociales, le constat est le même : « l’exécutif de Hollande a réussi à braquer les français les uns contre les autres, à mettre les familles dans la rue, à les stigmatiser, pour mieux faire passer un agenda économique plus libéral. Là (sur les questions de GPA et PMA) nous avons un débat ouvert, qui va prendre son temps, qui va donner la paroles aux religions ».

« Le but de Macron c’est vraiment de redresser un pays. Lui redonner les moyens d’être fier de lui-même ».