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Décryptage – La loi de programmation militaire en débat

La loi de programmation militaire pour 2019-2025 commence à passer en commission au Sénat après avoir été adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale. Philippe Delaroche la décrypte avec le Général Vincent Desportes, ancien directeur de l’Ecole de guerre, le général Jean-Bertrand Pinatel et Jean-Marie Bockel, ancien secrétaire d’État à la Défense et sénateur.

La loi de programmation militaire va décider du budget de l’armée pour les six prochaines années. Pour les deux généraux, le coup de pression et la démission du chef d’État-major des armées, Pierre de Villiers, a permis une loi meilleure que celle en projet. Après un affaiblissement de l’armée sous la présidence de François Hollande, ils se réjouissent d’un retour en force. Le général Desportes note que : « on a jamais eu de crise aussi forte » entre le politique et le militaire. Emmanuel Macron est coupable dans ce couac, car il a commis une « maladresse par méconnaissance profonde de ce qu’est la guerre et le soldat ». Le général Pinatel regrette cependant : « on est en train de préparer la dernière guerre, mais on ne prend pas en compte aujourd’hui la menace immédiate qui est intérieure et extérieure ». Jean-Marie Bockel nuance : « aujourd’hui il y a des perspectives qui sont meilleures ».

L’amélioration des conditions de vie

L’axe principale de cette loi est l’amélioration des conditions de vie des soldats« C’est le problème, aujourd’hui, numéro 1 des armées », assure Jean-Bertrand Pinatel. Le problèmes est celui de la fidélisation des hommes. Après un premier contrat de quatre ans, seuls 20% resignent. Cela entraîne une perte de formation considérable. Pour fidéliser, il faut passer par une amélioration des conditions de vie familiale et personnelle avec un renouvellement du casernement, une solde plus conséquente et qui arrive à l’heure. Le général Desportes ajoute le problème générationnel d’une classe d’âge qui change régulièrement de métier, et donc ne va pas faire une carrière entière sous les drapeaux. L’autre axe, c’est le budget de fonctionnement qui doit augmenter et ainsi permettre un retour à entraînement. Vincent Desportes tacle : « le problème de l’armée française, c’est qu’elle ne s’entraînait plus », par manque de budget. Il faudra aussi à terme faire un choix entre dissuasion nucléaire et force de projection si la révision de 2021 acte une baisse de l’investissement dans les armées. Jean-Marie Bockel souhaite une information annuelle au Parlement, chiffrée et précise pour pouvoir voter le budget chaque année de manière sereine et éclairée.