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Les mythes ont la vie dure

Décryptage reçoit Blanche Cerquiglini, auteur de « Métamorphoses, d’Actéon au post humanisme » (les belles lettres) et Frédérique Ildefonse, auteur d’ « Il y a des Dieux » (Puf) pour évoquer les mythologies et leur survivance dans le temps.


« Chacun de nous connaît les métamorphoses antiques », attaque Blanche Cerquiglini. Tout le monde a déjà entendu parler d’Io, transformée en vache par Zeus. Mais le vocabulaire actuel garde le souvenir de ces mythes : le mot protéiforme (qui peut prendre plusieurs formes) dérive de l’histoire de Protée, une divinité marine capable de métamorphose… Ces mythes ont aussi été repris par des auteurs contemporains comme Anouilh, Cocteau, Giraudoux ou Camus. « Hérodote, le premier historien rapporte une légende, quand il parle, il dit qu’il développe des ‘logoï’, des récits rationnels, et ce qu’il rapporte comme discours de fiction il les appelle de ‘mythoï’ », explique Blanche Cerquiglini. Les mythes sont donc bien, dès le départ, des histoires.

La mort des mythologies

« On peut se demander, est-ce que vraiment les mythologies ne meurent pas, certes il y a des résurgences dans la langue, il y a des présences culturelles mais tout de même, je crois qu’il y a de la perte », réfute Frédérique Ildefonse. C’est la modernité qui réduit l’importance des mythes en les éloignant de l’archaïsme. La mythologie disparaît car « le mythe est à l’articulation entre le religieux et le quotidien et si on ne le trouve pas, c’est à cause de ça. On n’a pas cette articulation du religieux et du quotidien », termine Frédérique Ildefonse.