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Hystérie collective : un phénomène inexplicable

Grand témoin – Yves- Marie BERCÉ, historien, auteur de Esprits et démons – histoire des phénomènes d’hystérie collective (Vuibert), parle des affaires de possession qui ont marqué l’histoire.

 

Les phénomènes dits « d’hystérie collective », s’ils sont aujourd’hui évalués par les professionnels de la santé comme étant des pathologies psychiatriques, furent longtemps perçus comme étant l’œuvre du démon.

« L’hystérie est un phénomène d’expression corporelle, une attitude maladive aberrante », décrit Y-M. Bercé, phénomène qui s’étend parfois à plusieurs personnes à la fois, comme ce fut le cas à l’Abbaye de Loudun au XVIIe siècle, où plusieurs religieuses subirent des crises de ce genre.  « Cette croyance de possession prend d’autant plus de relief quand elle se manifeste à l’intérieur de communautés fermées, et féminines », explique Y-M. Bercé. Dans le cas de Loudun, la crise prit des dimensions politiques : la région étant majoritairement protestante, Loudun constituait un éventuel rempart pour les protestants, que Richelieu voulait faire démanteler. Ainsi Richelieu fit-il accélérer le procès du père Urbain Grandier, accusé de sorcellerie, et qui s’opposait au démantèlement des remparts, explique Y-M. Bercé.

Le phénomène qui se répand à d’autres couvent finit par être étouffé également pour des raisons politiques. A la fin du XVIIe siècle, les sorciers « nocifs » sont poursuivis, mais ceux qui sont convaincus d’un pouvoir de sorcellerie ne le sont pas « ce que redoutent les magistrats c’est que des juges subalternes soient soumis à la pression de l’opinion populaire qui exige des boucs émissaires, car il y a des malheurs publiques qui nécessitent qu’on punisse les sorciers. Ils sont indignés par le dévoiement d la justice et non-respect des procédures ».