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Poutinisme et communisme, même combat ?

Le Grand Témoin est Françoise Thom, spécialiste de l’URSS et de la Russie postcommuniste. Elle présente son livre « Comprendre le poutinisme » (DDB).

Plus les élections russes approchent, plus la victoire de Vladimir Poutine apparaît comme inéluctable. Mais il faut faire attention pour Françoise Thom : « les sondages à mon avis ne sont pas fiables, les sondages officiels. Il semble que le candidat communiste, Groudinine, ait plus d’intention de vote qu’on ne lui prête. On ne connaît pas vraiment l’opinion de la Russie profonde ». De toute façon, pour l’historienne, l’élection n’a pas un enjeu démocratique. « Les élections pour le pouvoir sont un moyen de mesurer l’efficacité du contrôle sur la population », analyse-t-elle.

« C’est à la fois un pouvoir fort et un système fragile »

Ce moyen de contrôler est, pour l’auteur, un point commun entre poutinisme et communisme. C’est aussi un pouvoir institutionnalisé. Il a certes une organisation légale, mais il existe des liens autres qui sont plus important. La forme est celle de la bande avec un chef de bande« C’est une forme pré étatique et c’est là l’obstacle de l’émergence d’un état moderne en Russie », soutient-t-elle. Et de continuer : « cette structure en bande déforme tout. La hiérarchie apparente ne correspond pas avec la hiérarchie réelle. De même le pouvoir réel ne se trouve pas dans les organes formels ». Cette organisation entraîne deux choses contraires. La force et la faiblesse du pouvoir en place. « Il est forcément fragile car il est concentré entre les mains du chef. Lorsque le chef disparaîtra, il y aura une crise profonde. C’est aussi un pouvoir autoritaire donc Poutine décide de tout. C’est à la fois un pouvoir fort et un système fragile », ajoute Françoise Thom.