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L’Iran, un pays à renverser ?

Décryptage – Philippe Delaroche reçoit Maxime Chaix, journaliste et David Rigoulet Roze, rédacteur en chef de la revue « Orients Stratégiques », pour se demander pourquoi l’Iran est, pour les Américains, la bête à abattre.

Une des explications pour expliquer ce refus de la prise en compte de l’Iran comme puissance régionale par les Etats-Unis, c’est le concept de « deep state », d’Etat profond. Pour l’universitaire canadien Peter Dale Scott, traduis en français par Maxime Chaix, ce sont des réseaux d’influences qui influence l’Etat, sans être mis en lumière. « C’est un réseau de personnes, par toujours du même bord, qui envoie une certaines logique de continuité de gouvernement », explique David Rigoulet Roze. Ils sont au sein de l’administration ou dans les cercles qui gravitent autour. Pour cette continuité, ils peuvent plus ou moins bloquer une décision politique émanent du président des USA. Ce deep state pourrait expliquer le revirement de Donald Trump sur la Russie, avec d’abord une volonté d’amitié puis un conflit larvé.

Des relations tendues depuis 1979

Entre les USA et l’Iran, il n’existe aucune relation diplomatique. Les intérêts américains sont représentés par la Suisse et ceux de l’Iran par l’ambassade du Pakistan. Selon une analyse d’Hubert Védrine dans la Revue de Deux Mondes, il faut prendre en compte l’affecte. Les Etats-Unis n’ont jamais pardonné la prise d’otage à l’ambassade des Etats-Unis du 4 novembre 1979 au 20 janvier 1981. Cela peut expliquer pourquoi l’Iran est le pays à faire tomber. « Il y a une campagne de diabolisation par tout les moyens », affirme Maxime Chaix. Mais il existe un paradoxe que pointe David Rigoulet Roze : « la majorité de la population iranienne est très pro-occidentale, c’est la tête du régime dont l’ADN est forgé sur un anti-occidentalisme ».