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Les leaders de partis italiens vont-ils s’entendre ?

Cinq semaines se sont écoulées depuis les élections italiennes, et toujours pas de gouvernement. A se demander ce que veulent vraiment les leaders politiques italiens. Décryptage avec Philippe Moreau Defarges, chercheur à l’IFRI et Jean-Pierre Darnis, conseiller scientifique à l’Institut des Affaires Internationales de Rome.

Le président de la République italienne, Sergio Mattarella, a tapé du point sur la table. Cinq semaines après les élections et l’Italie n’a toujours pas de gouvernement. Un premier tour de discussions a échoué. Depuis, il semblerait qu’« une spirale d’ouverture entre la coalition de droite et le second parti avec mouvement 5 étoiles » se soit ouvert d’après Jean-Pierre Darnis. « C’est un mouvement assez fluide, tout le monde y va de sa petite hypothèse », précise-t-il. Une seule certitude le parti démocrate de Mattéo Renzi, anciennement au pouvoir, n’en veut pas.

Le pouvoir se prend

Pour Philippe Moreau Defarges, le pouvoir se prend. « La grande ombre qui est présente aujourd’hui, c’est Rome, la Rome de l’Antiquité. Et la Rome de l’Antiquité montrait que le pouvoir se prend », développe-t-il. Il estime que les chefs de partis italiens n’osent pas prendre le pouvoir, voire en ont peur. Une opinion contrebalancée par Jean-Pierre Darnis pour qui la génération à la tête des partis veut gouverner. Mais alors qu’est-ce qui bloque ?

Une méthode plus qu’un programme

Déjà institutionnellement, la prise de pouvoir par l’une ou l’autre formation politique n’est pas possible sans accord politique avec un parti pour un gouvernement minoritaire ou sans une coalition. Les deux principaux partis ont 260 et 221 députés. Le problème du mouvement 5 étoiles c’est qu’il a « une attitude plus qu’un véritable programme ». Ils ont été élu sur le leitmotiv « honnêteté, honnêteté »« Ils veulent y aller parce qu’ils veulent voir le triomphe de leur méthode », continue Jean-Pierre Darnis. Philippe Moreau Defarges trouve que tout expliquer de manière institutionnelle n’est pas suffisant et qu’il faut se pencher sur les deux principales questions pour l’Italie : la question européenne et la question méditerranéenne. Et de voir comment va se former un gouvernement autour ce cela.