le direct Musique sacrée

Le Québec aujourd’hui

Décryptage s’interroge sur l’avenir du Québec, à deux jour de la fête nationale de la belle province. Pour cela, Philippe Delaroche reçoit Jean-Michel Demetz, journaliste indépendant, auteur du livre « Les Québécois », (Tallandier) et Louis-Bernard Robitaille, journaliste québecois, auteur de « Les parisiens sont pires que vous ne le croyez » (éditions Gallimard).

« Vive le Quévec libre ! », avait déclaré le 24 juillet 1967 Charles de Gaulle. Depuis, le nationalisme, ou du moins le souverainisme québécois semble en déclin. Deux figures historiques du Québec s’affrontaient sur ce terrain : René Lévesque pour la parti nationaliste du Québec et Pierre-Eliott Trudeau, ancien premier ministre libéral canadien, et père de l’actuel premier ministre Justin Trudeau. Avec Justin Trudeau au pouvoir on pourrait croire à la victoire des libéraux. « On peut dire ça, Trudeau a gagné sur le long terme », admet Jean-Michel Demetz. Il poursuit : « mais on peut aussi dire que Lévesque a gagné parce qu’au fond, le Québec est plus trudeauiste que jamais, parce que peut-être, paradoxalement, le combat porté par les souverainiste québécois a gagné ». Nombre de lois protégeant la particularité culturelle du Québec sont en effet passées, de telle manière que la bataille de l’identité est gagnée. Le combat politique de l’indépendance est donc moins important.

Une particularité protégée

Le parlement canadien a voté un ordre du jour reconnaissant une nation québécoise dans un Canada uni. « A partir du moment où le Parlement canadien l’a voté, pour moi, c’est une expression très forte de reconnaissance », analyse Jean-Michel Demetz. Dans les faits, les lois sont plutôt drastiques. Louis-Bernard Robitaille raconte : « on a interdit l’affichage anglophone et étranger dans Montréal et tout le Québec ». Mais ces lois dérogatoires à la Constitution canadienne doivent être revotées tous les cinq ans. Cette victoire des nationalistes québécois était pourtant remise en question.  « Les souverainistes étaient insatisfaits », se souvient le journaliste québécois. Ce n’est pas une indépendance politique. Mais celle-ci a été refusée déjà deux fois par référendum en 1980 et 1995. Les prochaines élections d’octobre vont donner le poids du parti nationaliste du Québec. Ça serait mal parti pour eux, selon les invités.