le direct Musique sacrée

Jusqu’où peut aller l’escalade avec l’Iran ?

Pour répondre à la question du Débat du Jour : Alexandre Vesperini, conseiller de Paris LR, maire adjoint du VIe arrondissement et Malik Bezouh, physicien, ingénieur urbaniste, musulman réformiste.

Le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien a exacerbé les tensions avec l’Iran. Des missiles de la république islamique sont partis vers la partie du plateau du Golan occupé par Israël. En représailles, l’Etat hébreux a détruite des bases de celle-ci en Syrie. La Syrie devient le lieu d’affrontement entre l’Iran et Israël. Les autres conséquences sont difficiles à prévoir. « Tout est possible avec un personnage comme Trump », admet Malik Bezouh. Il poursuit : « c’est quand même dramatique ». Pour lui, ça va amener du terrorisme et des migrations. Il tacle le triplet Trump, Benjamin Netanyahou et le roi d’Arabie Saoudite qui font un front commun contre l’Iran. Alexandre Vesperini voit, lui : « une décision probablement assez aventureuse ».

Contre la puissance iranienne

Par cet acte et le rétablissement immédiat des sanctions, les USA veulent contrer l’influence grandissante de la république des Mollahs. Elle est présente dans tout le Moyen Orient : le Hezbollah libanais vient faire un bon score aux législatives, au Yémen l’Arabie Saoudite s’enlise à cause du soutien iranien aux rebelles houthis. Cela inquiète les pays arabe autant que les pays occidentaux : « à commencer par Israël », précise Alexandre Vesperini. En contrant la puissance diplomatique mais aussi économique de l’Iran, le pari est de faire tomber le régime par l’intérieur avec la société civile. les deux débatteurs s’entendent pour dire que c’est un pari aventureux, voire, « ridicule », selon Malik Bezouh.

Ne pas choisir

Quel rôle pour la France ? C’est la question qui se pose face au jeu diplomatique. Soutenir les USA et aussi l’Arabie Saoudite ? Malik Bezouh rappelle que c’est le pays matrice de l’extrémisme islamique avec le wahhabisme. Pour Alexandre Vesperini il ne faut pas choisir entre les deux pays mais tout faire pour sauver l’accord. De cette façon uniquement, la France pourra garder une influence et une parole forte dans la région.