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Décryptage : quel futur pour l’Allemagne ?

Comment Angela Merkel peut-elle gouverner l’Allemagne alors que les tensions politiques sont de plus en plus importantes ? Pour y répondre : Isabelle bourgeois, chercheur associé au CIRAC et co-Fondatrice et animatrice de la plateforme d’échanges et de débats www.tandem-europe.eu, et Claude Martin, ancien Ambassadeur, auteur de « La diplomatie n’est pas un dîner de gala », (éditions de l’aube).

A la question de la prévisibilité de la crise allemande, Isabelle Bourgeois répond du tac au tac : « c’était tout à fait prévisible ».  Et de continuer : « c’est l’une des manifestations des multiples fractures de la société allemande ». A l’est, le vote est AFD (extrême droite) car il y a un sentiment d’être laissé pour compte dans l’unification allemande. A l’ouest le vote est AFD car le vote CSU (chrétien démocrate de Bavière, plus dur sur l’immigration que la CDU le parti d’Angela Merkel) n’est pas possible, le parti n’étant pas présent. Horst Seehofer, ministre de l’intérieur CSU, vient de poser un ultimatum à sa partenaire en Merkel, pour une plus grande fermeté vis-à-vis des migrants. En déstabilisant l’Allemagne, il se renforce régionalement en vue des prochaines élections en octobre.

Angela Merkel dépassée ?

Au pouvoir depuis 2005, Angela Merkel est : « le personnage qui couvre cette période. Elle est la figure tutélaire de l’Allemagne, mais en baisse », note Claude Martin. Sans pour autant être dépassée, « elle comprend le fracture de l’Allemagne », estime-t-il. Née à l’ouest mais ayant vécue à l’est, elle connaît le terrain. « Un Land, c’est un Etat, qui a son parlement et son gouvernement et des domaines de souveraineté », explique Isabelle Bourgeois. Ce qui permet de comprendre la puissance de la Bavière dont les frontières n’ont pas bougé depuis 1000 ans. Il a donc une identité forte avec laquelle doit composer Angela Merkel. En période électorale, c’est une mission plus compliquée de maintenir l’unité dans l’alliance CDU-CSU.