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Décryptage – La diplomatie chinoise en questionnement

Philippe Delaroche reçoit Claude Meyer, professeur à Sciences Po et conseiller au Centre Asie de l’IFRI, Claude Martin, diplomate, et Gilles Guiheux, chercheur, pour s’interroger sur les relations entre la France et la Chine.

La première chose que les invités soulignent à propos de la diplomatie chinoise, en prenant comme exemple les récentes déclarations franco-américaines, c’est qu’il y a un attachement aux textes. « Je pense qu’elle accueille cela avec une certaine méfiance », subodore Claude Martin. Et de préciser que les autorités chinoises ne doivent pas être particulièrement ravie de voir que les États-Unis et le France imagine un accord bis. Claude Meyer nuance en disant que les chinois prennent quand même des libertés envers certains textes qu’ils ont eux même signé. « On commence à voir poindre une espèce de désir de gouvernance, de ne plus subir, d’être une force de proposition », analyse-t-il. Et de continuer : « la Chine a tout à fait l’habilité nécessaire pour conjuguer les deux éléments d’une même contradiction ».

Un développement insolite

Le développement de la Chine est assez insolite pour les européens qui ne le comprennent pas. C’est le cas de Jean-François Revel pour qui régime autoritaire et économie et croissance libérale ne vont pas de paire. « La Chine est un pays sur lequel, au fur et à mesure, on a vu s’élaborer des théories successives qui ont toutes raté », indique-t-il. Pourtant c’est la théorie inverse qui est en passe d’être prouvée : une expansion économique formidable et pas de liberté politique. Pour Claude Meyer cela vient de l’inspiration du modèle japonais avec des caractéristiques assez commune : « le sens du collectif, l’inscription dans la durée, le sens de l’épargne le sens du travail et je dirais cette forme de modestie qui est celle du copiste », propose-t-il comme explication. Il faut, bien sûr, la stabilité politique qui peut passer par un régime autoritaire.