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Décryptage : comprendre le changement politique en Arménie

L’Arménie a changé de Premier ministre après une révolution pacifique. Pour comprendre les tenants et aboutissants, Philippe Delaroche reçoit Tigrane Yegavian, journaliste spécialisate du Moyen-Orient, le Père Bernard Kinvi qui était sur place et Chérif Zananiri qui publie « L’Arménie, un passé sans sépulture » aux éditions Marivole.

Après 10 ans au pouvoir, Serge Sarkissian et le Parti Républicain ont été obligé de laisser le pouvoir suite à d’importantes manifestation pacifiques. Mais ce n’est pas l’émergence de la société civile. Elle avait déjà manifesté plusieurs fois. « A chaque expérience cette société civile gagne en maturité et en civisme », assure Tigrane Yegavian. Et d’ajouter : « c’est un pays qui se dé-soviétise », qui essaie de faire partir les oligarques. Mais le pays n’a pas vraiment d’expérience d’Etat, ce qui rend compliqué la mise en place de politiques. Krikor Djirdjirian, figure de la communauté arménienne à Paris, donne un exemple : « les Arméniens obéissent plus à leur pape qu’à un gouvernement ». Preuve de la faiblesse de l’Etat. Le nouveau Premier ministre n’a donc pas beaucoup de marge de manœuvre.

Un peu d’histoire-géo

Indépendant depuis 1991, l’Arménie a une histoire assez courte en tant qu’Etat. Le territoire a longtemps été dominé par les puissances limitrophes : la Russie ou la Turquie. Premier Etat officiellement chrétien au IIIe siècle. Le dernier Etat arménien indépendant est tombé en 1375 avec la fin du Royaume arménien de Cilicie. La domination a ensuite iranienne jusqu’au XIXe siècle, puis turque et russe jusqu’en 1920 ou le territoire passe dans l’URSS. L’événement le plus important est le génocide en 1915. Chérif Zananiri résume : « l’Eglise et le génocide sont les deux éléments qui constituent le lien social ». Et ce, dans le pays comme pour la diaspora.

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