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1978 -2018 : l’évolution de la Chine depuis 40 ans

Décryptage – Xu Bo est l’auteur de « De Shanghai à Paris mon regard sur la nouvelle Chine » au éditions Odile Jacob. Il débat avec Claude Martin, ancien Ambassadeur en Chine, de ce qu’est devenue l’empire du milieu depuis les réformes économiques de Deng Xiaoping en 1978.

Né en 1960, Xu Bo avait six ans lors de la révolution culturelle. Il en avait 18 en 1978 lors de l’arrivée au pouvoir de Deng Xiaping et des première réformes économique. Il a aujourd’hui 52 ans. Il a ainsi pu regarder les changements dans la Chine moderne. « Je vois la Chine avec un recul », analyse-t-il. Et il continue : « La Chine n’était pas au centre de l’échiquier du monde. Maintenant elle est le leader du libre échange ». Avec le repli américain, c’est la Chine communiste qui se retrouve à défendre. Claude Martin a, lui, rencontré Deng Xiaoping à plusieurs reprises. « Il a été le premier haut dirigeant de la République populaire à venir faire une visite en France », raconte-t-il. C’était en 1975. Il a donc pu voir les changements d’un point de vue assez proche du pouvoir.

La croissance de Shanghai

Un exemple de ce changement est l’évolution de la ville de Shanghai. « C’est le fruit des amours de Louis-Philippe et de la reine Victoria », sourit Claude Martin. Il y a 200 ans, la ville n’existait pas. De 6 millions d’habitants quand Xu Bo était écolier, la ville en compte aujourd’hui 26 millions. Et encore le chiffre n’est pas sûr. Cela change tout, des relations sociales à l’implantation des entreprises qui ne peuvent plus assumer le prix du foncier et donc, parfois, s’en vont. La ville a aussi connu une croissance territoriale. Le district et la ville d’où est originaire Xu Bo sont maintenant intégrés à l’agglomération.

Retrouver ces anciens camarades

Une autres preuves du changement est le parcours social des amis d’enfance de Xu Bo. Sur les 56 élèves, il a pu en retrouver 42. Sept sont décédés prématurément, sept étaient indisponibles. Au niveau des carrières, elles ne sont pas vraiment exceptionnelles. Beaucoup d’ouvriers et de fonctionnaires, très peu d’entrepreneurs. La cause ? L’accès difficile à l’université alors que c’est le seul moyen de s’élever socialement. Ce sont les plus jeunes, après les réformes, qui font la vitalité de la Chine d’aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que Deng Xiaoping a promu fortement l’entrepreneuriat entre la fin des années 80 et le début des années 90. Xu Bo conclut : « C’est Deng Xiaoping qui a ouvert en même temps la porte et l’esprit des chinois ».