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Jérôme Cordelier : enquête sur les ordres dominicains, franciscains et jésuites

Grand Témoin – Jérôme Cordelier, rédacteur en chef au Point, livre une enquête sur l’histoire de trois grands ordres religieux : les franciscains, jésuites et dominicains. Il pointe ce que ces ordres peuvent apporter aujourd’hui.


Pour Jérôme Cordelier, écrire une histoire de ces trois ordres est d’une brûlante actualité. Cela permet une meilleure compréhension du pape François. L’analyse du dominicain Timothy Radcliffe l’explique. « Il m’avait dit : ‘en fait le pape François il combine un peu les trois ordres parce qu’il est jésuite, il a une robe de dominicain et il parle comme un franciscain ‘. Et je me suis souvenu de cette phrase quand j’ai commencé cette enquête. On peut davantage décrypter le discours du pape François à la lumière de ces histoires longues », révèle l’auteur. Un exemple concret est l’Encyclique Laudato Si. « Le concept d’écologie intégrale doit beaucoup à François d’Assise », estime le journaliste. Il existe aussi une grande proximité entre les trois créateurs.

« Ils ont toujours voulu garder leurs distances avec le pouvoir central »

Les trois fondateurs, Saint Dominique de Guzman, saint François d’Assise et Saint Ignace de Loyola ont, au moins, un point commun : la liberté. « Il y a une espèce de jeu de fascination-répulsion vis-à-vis du pouvoir centrale », analyse Jérôme Cordelier, « ces ordres ont été créés par une forte intuition de démarrage, après il y a une espèce de jeu qui s’organise avec la papauté, parce que évidemment la papauté essaie d’instrumentaliser ces ordres pour en faire un bras armé ». Il y a aussi une résistance face à leur monde : l’hérésie cathare pour saint Dominique, créer une fraternité pour saint François et résister à la réforme protestante pour les Jésuites. « Ils préservent leur indépendance leur liberté, ce qui est leur marque de fabrique », appuie-t-il. Un dernier point commun est leurs implications dans leur temps. « Ce sont aussi des individus qui restent profondément ancrés dans leurs époques et engagés dans leurs sociétés », termine-il.