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Aux rendez-vous de l’histoire : Mgr Ioan Ploscaru dans les geôles roumaines

Eric Picard reçoit le père Cristian Crisan, curé de la paroisse Saint-Georges et recteur de la Mission catholique roumaine à Paris. Il raconte la vie Mgr Ioan Ploscaru, évêque émérite de Lugoj en Roumanie. Il a passé plusieurs années en prison pour avoir refusé de devenir orthodoxe pendant l’ère communiste.

Mgr Ioan Ploscaru est né en 1911 à Cluj-Napoca et décédé en 1998. C’est un prêtre, puis un évêque gréco-catholique. Cette église, née dans les années 1700 incarne le rattachement d’une partie des orthodoxes de Roumanie au Saint-Siège. « On est en pleine communion avec le pape de Rome, mais nous avons des spécificités orientales. Nous sommes des orientaux mais pas des orthodoxes, et des catholiques mais pas des latins », explique le père Cristian Crisan. C’était un choix aussi bien spirituel que social et politique pour sauvegarder l’esprit roumain et lutter contre la calvinisme.

Une persécution communiste

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la Roumanie est passée dans le bloque soviétique. Les communistes ont pris le pouvoir en 1948 et ont rapidement lancé une persécution contre l’église gréco-orthodoxe. Avec son attachement à Rome, elle est accusée d’être un agent occidental. Il y a une véritable volonté de détruire et décapiter cette église. Les fidèles et les prêtres ont le choix entre intégrer l’église orthodoxe ou vivre une foi cachée, dans les catacombes. Les évêques sont mis en prison. Mgr Ploscaru, ordonné en secret par le nonce apostolique en 1950, y passera quinze ans, régulièrement torturé. Il y écrira des poèmes et son autobiographie. La version française est parue chez Salvator l’an dernier. Ce n’est qu’à la chute de Nicolae Ceaușescu en 1989, que la persécution se terminera.

>> Pour aller plus loin :  Mgr Ioan Plosacru, Chaînes et terreur : un évêque dans les geôles communistes, Salvator, octobre 2017, 392 p., 22 euros.