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Mai 68 : de l’autre côté des barricades avec Pierre Lassus

Pierre Lassus est essayiste, psychothérapeute et directeur général honoraire de l’Union française pour le sauvetage de l’enfance. Il publie « Mai 68 de l’autre côté des barricades » (éd. François Bourin), où il raconte son mai 68 en tant que gaulliste.

Pierre Lassus avait 23 ans en 1968. A sa sortie de Sciences Po, il était en préparation pour les concours de l’ENA. Plus important : « j’étais président de l’action des étudiants gaullistes à Sciences Po », raconte-t-il. Ce n’est donc pas sur les barricades qu’il était mais de l’autre côté, le mauvais, les héros étant ceux qui les ont construites. C’est sa philosophie qui l’empêchait d’adhérer au mouvement étudiant. « Plutôt que de vouloir changer le monde, on a intérêt à se changer soi-même », disserte-t-il. Lui-même a changé : de trotskiste en 3e, il est devenu gaulliste.

Un besoin de libération d’enfant gâtés

Pour lui, mai 68 est un mouvement d’émancipation. « Je n’étouffais pas du tout sous un carcan », expose Pierre Lassus. Ce qui est un argument de plus contre s’engager dans la lutte. Il ne sentait pas le besoin de demander des choses à la société. Il accepte les interdits mais pas besoin de négocier les droits : « on ne définit pas ce qui est permis, parce que là, c’est la dictature. On définit simplement ce qui est interdit, ça suffit à structurer les personnes ». Il porte un regard critique et infantilisant sur les manifestants. C’est, selon lui, une lutte de bourgeois qui se rebellent. Expliquant le slogan « CRS : SS », il trouve que ce sont des enfants de bourgeois qui s’opposent à des prolétaires qui sont engagés dans la police. « Le mépris qu’ils affichaient contre ces travailleurs de l’ordre, il y a quelque chose qui me dérangeait beaucoup dans cette lutte », déclare-t-il.