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Les 420 ans de l’édit de Nantes

Bernard Cottret est historien. Il publie « Le Siècle de l’édit de Nantes » (CNRS éditions) à l’occasion des 420 ans de sa promulgation par Henri IV en 1598. Il est le Grand Témoin de Louis Daufresne.

30 avril 1598. Henri IV promulgue l’édit de Nantes pour mettre fin aux guerres de religions qui ensanglante le royaume. « Je pense que Henri IV a joué un rôle considérable, il a apaisé les tensions religieuses, par la force », explique Bernard Cottret. Cet effort de pacification, entre catholiques et protestants devait permettre de laisser un pays en paix. « L’édit de Nantes était une mesure provisoire par nature », analyse l’historien. Au niveau du contenu de l’édit, l’idée est de dire que des hommes qui n’ont pas la même religion peuvent cohabiter. « La grande idée d’Henri IV, c’est à la monarchie absolue de garantir la paix civile », indique-t-il. Pour arrêter les conflits, c’est le roi qui est supérieur et a autorité sur tout le monde, peu importe la religion.

Une répercussion encore aujourd’hui

L’édit de Nantes a été célébré en grande pompe par Jacques Chirac en 1998. « C’est une date une peu fétiche », admet l’historien. Et d’ajouter : « c’était un beau symbole de l’unité nationale ». Si l’édit de Nantes concernait les catholiques et protestants, en 98, le président de la République a intégré dans la réflexion l’islam avec l’idée de lui donner une représentation. Chose que les ministres de l’Intérieur, en charge des cultes, continuent de faire. « La République est d’une certaine façon la fille de la monarchie. Il y a une unité évidente entre l’Ancien Régime et les régimes qui lui ont succédé », révèle Bernard Cottret. Une idée très tocquevillienne d’une continuité entre ancien et nouveau régime, plus qu’un affrontement entre les deux. Sur la laïcité, ça a plutôt tendance à se vérifier.

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