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Jean-Michel Fauvergue : un député en pointe sur la sécurité

Grand Témoin – Louis Daufresne reçoit Jean-Michel Fauvergue l’ancien patron du RAID et député LREM. Il publie « Le RAID, comment manager une unité d’élite ? » (Mareuil). Il revient sur les différents dossiers de l’actualité.

Après 40 ans passés dans la police, dont quatre à la tête du Raid, Jean-Michel Fauvergue en connaît tous les rouages. Il est aussi en pointe sur les sujets de sécurité. Concernant l’attaque de policier à Marseille à la Busserine, une cité des quartiers Nord, il n’est pas si surpris. « Je ne suis pas si étonné de cette situation qui reste au demeurant très marginale. Ce n’est pas un élément nouveau », annonce-t-il. Pour lui la cause est simple : le trafic de drogue. « On a autour de ce business-là tout ce que, nous, on exècre », analyse l’ancien policier. Avec les stupéfiants vient l’argent facile, la désocialisation et déscolarisation des mineurs pour servir de guetteurs, ce qui les fait entrer dans le cercle, les règlements de compte. C’est une « contre-société qui produit sa justice » et elle est « la plus mortifère possible », assure Jean-Michel Fauvergue. Pour changer la donne, il faut que l’Etat repense un plan global pour les banlieues avec le retour de la justice, de la mixité, de la rénovation urbaine…

Les leçons des attentats

En quatre ans à la tête du Raid, Jean-Michel Fauvergue a connu tous les attentats qui ont frappé la France entre 2013 et 2017. Cela lui permet de tirer des conclusions quant à la manière de protéger les populations et de lutter contre le terrorisme. Le premier point est une meilleure connaissance du mode opératoire qui reste le même, en trois étapes. D’abord, ils attaquent une cible à fort potentiel émotionnel (militaire, policier, enfants, religion…). Ensuite ils se retranchent. Enfin ils cherchent la mort en combattant contre « si possible des combattants valeureux », ajoute le député. Dans la réaction des forces de sécurité, il y a eu du changement. La négociation est abandonnée car jamais un terroriste ne s’est rendu dans le monde. Le contact est gardé car pendant ce temps, l’attaquant se raconte et donne des informations sur lui ou d’autres personnes. « Le temps joue contre nous », il ne faut pas laisser un moment au terroriste pour communiquer, se reposer… L’intervention doit donc être rapide. Enfin, l’assaut est ininterrompu. dans le cas d’un forcené lambda, on peut arrêter l’assaut à plusieurs moments, au cas où la personne retrouve la raison. Pas dans une affaire de terrorisme. Pour être plus efficace, Jean-Michel Fauvergue propose de donner plus de poids aux chefs de polices locaux, plus à même de travailler efficacement.

Les homélies en latin

Revenant sur la polémique démarrée sur BFMTV où il avait comparé prêches en arabe dans les mosquées salafistes et homélies en latin. (A partir de 8 minutes 30).

Il se défend de ne pas avoir pu aller au bout de son idée. « Ce que je voulais dire, c’est quelque chose de très simple, peu importe le vecteur linguistique, que ce soit du latin ou de l’arabe, ce qui est important c’est le message qu’il y à l’intérieur », explique-t-il. Il continue en précisant que les attentats sont bien le fait d’islamistes et qu’à la fin le plus important, c’est de protéger les vivants, peu importe la religion.