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Denis Olivennes : « On ne doit pas être béat devant le progrès technique »

Denis Olivennes, président de Lagardère Active est le Grand Témoin de Louis Daufresne. Il est le co-auteur avec Mathias Chichportich de « Mortelle transparence » (Albin Michel), où il se pose la question de cette évolution et de son bienfait.

Le besoin de transparence est de plus en plus présent dans la société. Mais avec la nouvelle réglementation sur les données, il y a une volonté de s’en protéger. Denis Olivennes voit cela comme une caractéristique du temps présent. Le numérique y participe. Mais il ajoute : « le numérique est un progrès technique. On ne doit pas être béat devant le progrès technique ». Une pensée qu’il transpose aussi aux sujets bioéthiques, sujet de débat avec son frère le médecin François Olivennes. « Une société n’est pas la somme des intérêts particuliers. Il y a un ordre social et cet ordre social a sa propre logique. L’éthique c’est ça, c’est se demander quel est l’intérêt de la collectivité, qui peut parfois transcender ou frustrer l’intérêt particulier ». Et ce, même si le progrès technique permet ce qui n’était pas possible avant.

Le fait social contre l’individualisme

Denis Olivennes estime qu’il existe un fait social plus important que les individus. Or il est remis en question par l’égoïsme, l’individualisme… « Le fait social, c’est l’acceptation par les individus d’un certain nombre de valeurs communes qui s’impose à eux », analyse-t-il. Ce qui explique cet état de fait, c’est le développement de la souveraineté du moi. Et de tacler le communautarisme qui est : « une forme de l’individualisme ». Avant l’appartenance était d’abord collective, maintenant c’est le choix du groupe que l’on préfère. Denis Olivennes explique que ce débat a déjà eu lieu pendant la Révolution française avec le régionalisme. La petite et la grande patrie ; la province et la nation. « C’est le retour de la petite patrie », indique-t-il. Sauf que quand cette petite patrie va à l’encontre des règles et principes de la grande, il y a un vrai problème.