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Tunisie : démocratie et économie fragiles. Que peut faire la France ?

Le Président français vient d’effectuer une visite officielle à Tunis. Quelle est l’état réel du pays et que représente notre ancien protectorat aujourd’hui ?

Emmanuel Macron place sa visite sous le signe de l’optimisme. Il s’agit d’apporter son soutien à l’expérience démocratique tunisienne. Le chef de l’Etat le fait en s’adressant à l’Assemblée du peuple, en rencontrant des responsables de la société civile et en discutant avec des habitants.

« La relation avec la Tunisie est prioritaire » car les liens entre les deux pays « sont exceptionnels« , avait déclaré Emmanuel Macron en recevant son homologue Béji Caïd Essebsi, 91 ans, en décembre à l’Elysée.

Mais les Tunisiens réclament des gestes concrets de la part de l’ancienne puissance coloniale. Beaucoup de promesses ont été faites dans le cadre du sommet Tunisie 2020, mais les faits palpables sont rares sur le terrain et dans le vécu du Tunisien lambda.

La présidence française indique qu’une série d’accords économiques, sécuritaires, universitaires et culturels sont signés. Le chef de l’Etat français est accompagné de son épouse Brigitte, de plusieurs ministres et des hommes d’affaires comme Stéphane Richard (Orange) et Xavier Niel (Iliad).

Le gouvernement tunisien veut profiter de cette visite pour trouver une solution à la dette de la Tunisie envers la France. Paris cherche aussi des moyens d’aider le gouvernement tunisien à réduire le chômage qui reste supérieur à 15 % et dépasse 30 % chez les jeunes diplômés. Un appel est aussi lancé aux entreprises françaises pour investir en Tunisie, indique l’Elysée.

Un accord est en outre signé pour mieux collaborer dans la lutte antiterroriste alors que l’état d’urgence reste en vigueur avoir été instauré à la suite des attentats de Sousse et du musée du Bardo, où s’est rendu le président français.

En dehors de ses atouts touristiques, la Tunisie présente pour la France un atout géopolitique dont ne dispose ni le Maroc, ni l’Algérie : une population quatre fois inférieure. Onze millions d’habitants contre quarante millions dans nos deux anciennes colonies. C’est une démographie à la mesure de nos capacités économiques et sociales.

Nos aides peuvent non seulement aider Tunis à sortir de ses difficultés, mais la Tunisie pourrait alors servir d’exemple à Rabat et Alger pour faire du Maghreb un pôle d’Islam tolérant et prospère.

Ce n’est pas un rêve mais une espérance.