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Ruser c’est gagner ?

Planisphère propose une réflexion sur la définition de la ruse et la stratégie en géopolitique et son lien avec la force. Pour en parler, Jean-Vincent Holeindre, auteur de « La ruse et la force. Une autre histoire de la stratégie » (Perrin).


Jean-Vincent Holeindre définit ce qu’est la stratégie : « ça serait l’art de la guerre, l’art de vaincre, de remporter la victoire militaire mais aussi de faire de cette histoire militaire une victoire politique ». Mais alors qu’elle est la différence entre la stratégie et la ruse ? « Ma thèse c’est que la ruse est la quintessence de la stratégie non pas que la stratégie se réduisent à la ruse mais aussi à l’intelligence rusée », théorise-t-il. L’intelligence rusée : « c’est en quelques sortes le cœur du savoir du stratège. C’est toute cette imagination fertile c’est en quelques sorte le cœur du savoir du stratège. Le fait de planifier une action guerrière et d’envisager les scénarios pour vaincre ». Il ne faut pas confondre ruse et stratagème. « Les deux ne sont pas entièrement synonyme mais l’idée commune c’est l’idée d déployer son intelligence dans l’action guerrière », précise-t-il.

La mauvaise réputation de la ruse

La ruse n’est pas forcément appréciée. Dès Homère, il y a une opposition entre ruse et force, entre Ulysse et Achille. « Achille, c’est le soldat par excellence. La force de ce combattant est à la fois une capacité physique et une vertu. C’est avoir les qualités d’honneur, de courage. La ruse à l’inverse c’est le fait d’utiliser des moyens détournés de contourner le champ de bataille pour vaincre, se dissimuler, tromper. C’est en quelque sorte l’antithèse de la force », raconte Jean Holeindre. Un débat que l’on peut retrouver aujourd’hui dans l’utilisation du drone par exemple. « Là où il y a une difficulté qui se pose c’est dans la combinaison de la force et de la ruse. Le drone c’est le force, mais ça peut être aussi de la ruse dans la furtivité », présente l’auteur.