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Qui va payer la note du Brexit ?

Alors que les dirigeants européens ont décidé vendredi 23 mars des lignes que devront tenir les négociateurs de l’Union Européenne, dans la relation post Brexit, Décryptage s’interroge sur les conséquences économiques et qui sera le plus pénalisé ?

La remise du rapport d’étape sur le Brexit par les négociateurs de l’Union européenne donne une première idée de la direction que vont prendre les négociations à venir. Il faut noter d’abord un allongement de la période transitoire suite à la sortie définitive du Royaume-Uni de l’Union. Au lieu de se terminer mi 2020, elle courra jusqu’à fin 2020. Pour Catherine Mathieu, économiste senior au département analyse et prévision à l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), on remarque bien qu’il y a une différence de préparation entre les deux parties. « Les britanniques ont voté en majorité pour sortir de l’UE mais ensuite on a bien vu qu’il n’y avait pas de stratégies claire de la part du gouvernement, sur ce qu’aillait être la relation », analyse-t-elle. Et de préciser : « Du côté de l’UE, on a réussi à mettre en un place une stratégie claire avec un séquençage des négociations ». Trois points sont primordiaux avant toutes autres discussions : la facture financière, le statut des citoyens et la frontière en Irlande du Nord.

Une incertitude jusqu’au dernier moment

Si les discussions avancent, Hervé Jouanjean, ancien directeur général des budgets à la commission européenne, appelle à la prudence. « On a gagné du temps mais il faut être très très prudent », indique-t-il. Les députés britanniques ont fait voter un amendement disant que le texte du divorce doit être ratifié par le parlement. « Là tout est possible, c’est tellement irrationnel », ajoute-t-il. Signe de cette irrationalité, il faut un slogan à Nigel Farage pour tacler l’Europe, quand il faut cinq minutes à une démocrate pour expliquer, selon Hervé Jouanjean. Et de dénoncer des médias aux mains de magnats opposés à l’idée européenne. Catherine Mathieu pointe aussi des dissensions au sein même du parti conservateur et dans establishment. Chez les travaillistes aussi, ces dissensions existent. Cela expliquerait ainsi le vote pro-Brexit alors qu’il n’est pas économiquement intéressant de quitter l’Union selon les deux invités.