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Que change l’arrivée de l’ambassade des USA à Jérusalem pour les croyants ?

Le 14 mai va devenir une date importante en Israël avec l’inauguration de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. Outre le regain de tension dans le pays, cela aura-t-il des conséquences sur les pèlerins ? Marie-Armelle Beaulieu, journaliste à Terre Sainte Magazine expose les différentes conséquences et avis sur ce changement.

Marie-ArmelleBeaulieu
Marie-Armelle Beaulieu est journaliste à Terre Sainte Magazine et vie en Israël.

L’installation de la nouvelle ambassade américaine aura-t-elle un impact sur les pèlerinages en terre sainte ? C’est l’une des question qui se pose suite à la décision controversée de Donald Trump de déplacer l’ambassade de Tel Aviv à Jérusalem. Pour Marie-Armelle Beaulieu il n’y en aura peu, voire pas du tout.

Pas de crainte à avoir non plus pour les pèlerinages dans les territoires palestinien, car ils ne peuvent pas se couper du tourisme religieux. Si interdiction il y a, c’est pour les guides israéliens d’entrer dans les territoires, comme c’était déjà le cas dans les années 2000. Marie-Armelle Beaulieu donne l’exemple de Bethléem où il y un panneau interdisant aux citoyens israéliens de venir. Le passage reste possible. La solution est donc de prendre un guide sur place.

Un changement pour les habitants non juifs

C’est pour les habitants non juifs que la différence à moyen et long terme va se faire ressentir. Ils subissaient déjà une pression de la part de groupes juifs qui souhaitent interdire leur l’accès à Jérusalem. Les communautés locales, particulièrement celles chrétiennes, pourraient avoir envie, encore plus, d’émigrer. Ils sont pourtant sur place depuis 2000 ans et font des lieux de pèlerinage non pas de simples attractions touristiques mais des véritables lieux de vie.

Les Églises totalement contre

Les Église chrétiennes sont toutes vent debout contre cette décision. Présentée par le président Trump comme un moyen d’arriver à la paix dans le conflit israélo-palestinien, cet avis n’est pas partagé.

La population israélienne partagée

« Ce qui est extraordinaire avec l’Etat d’Israël c’est que vous avez tout et son contraire comme avis », avance-t-elle. Une large partie de la population israélienne juive est très favorable. Avec la victoire à l’Eurovision, les 70 ans du pays, la venue de l’ambassade, le sentiment national est fort et il y a une certaine euphorie. Mais il existe encore des israéliens de gauche, selon l’échiquier politique local, qui n’appuient pas le déménagement et soutiennent le droit des Palestiniens et sont solidaires avec eux. « Pour les Palestiniens arabes, je dirais que 100% sont contre », estime la journaliste. La réponse de ceux à la frontière de la ville et dans les territoires palestiniens est étonnamment assez calme. Il faut, de toute façon faire attention, selon Marie-Armelle Beaulieu, car un peuple réprimé comme l’est celui palestinien peut exploser à tout moment. « Leur rancœur se joue a un niveau encore plus profond. Quand on blesse un peuple, il y a toujours un danger, on ne sait quand est-ce que ça va revenir en boomerang », conclue-t-elle. Dans la bande de Gaza, la réponse est beaucoup plus violente.

La stabilité de la régionale en question

Le regain de tension régionale n’est pas dû à la présence américaine. « On n’a pas besoin de déplacer une ambassade pour réussir à connaître des tensions dans la région », indique Marie-Armelle Beaulieu. Mais les réactions aux manifestations, les discours qui vont être prononcés peuvent faire basculer le Moyen-Orient dans de nouvelles violences. A Gaza, les manifestations ont fait 55 morts. Le Conseil de Sécurité de l’ONU se réunit en urgence mardi 15 mai. Il faut ajouter que, avec l’entrée en ramadan, de nombreux jeunes palestinien couplent le spirituel avec un retour au politique, et donc parfois la violence. « On est devant les ingrédients d’un cocktail qui pourrait faire que, en tout cas ici en Israël et Palestine,  ça dégénère pendant quelques jours ». A une échelle plus large pourtant, c’est encore trop tôt pour le dire.