le direct Musique sacrée

Les chrétiens dans la bande de Gaza

Planisphère s’intéresse à la situation des chrétiens dans la bande de Gaza. Hugo Billard reçoit Christophe Oberlin. Chirurgien, il se rend régulièrement sur place. Il est l’auteur de « Chrétiens de Gaza » (Erick Bonnier, 2018), un livre de photo qui rend témoignage.


Gaza. Cette petite bande de terre de 41 kilomètres de long entre Israël et la mer méditerranée à l’est et à l’ouest, l’Égypte au sud et Israël au nord. Dans ces 360 km2 vivent 2 millions d’habitants. En matière de religion, le territoire est majoritairement peuplé de musulmans sunnites. Vivent aussi des communautés chrétiennes. Ils sont environs 2000 aujourd’hui, mais les chiffres sont difficiles à vérifier. « Vous avez une à la fois une population vivante et vous avez des images parce qu’il y a un passé historique », explique Christophe Oberlin. Ce passé vient d’une re-christianisation par l’Égypte de la zone après le passage de l’empire romain. « On retrouve dans certains rites des traditions même de l’Égypte ancienne », assure le chirurgien. « A Gaza, les chrétiens étaient majoritaires jusqu’à la fin des croisades », révèle-t-il. Les chrétiens sont impliqués dans la société et ne souffrent pas trop de persécution malgré la présence du Hamas, un parti islamiste, au pouvoir.

Une situation compliquée

La situation restent cependant très compliquée à cause de la géopolitique de la région. Les frontières sont fermées avec Israël et l’Égypte. En Égypte, depuis 2013, seule une dizaine de personnes peut franchir la frontière. Les marchandises ne peuvent plus passer non plus. Avant, des tunnels reliaient la bande de Gaza au royaume des pharaons. Mais ils sont désormais recherchés et bouchés. Ils permettaient pourtant à Gaza de vivre. Le regard récent de Christophe Oberlin permet de remettre en question les images des manifestations violentes qui ont été diffusées. Des familles protestent pacifiquement le long de la clôture avec Israël. D’autres se battent effectivement. Mais le médecin pose la question : « montrerait-on ces manifestations s’il n’y avait pas ces images ». Il est fort à parier que ce serait moins évoqué dans les médias.