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La puissance en question

La puissance est un concept très utilisé par les hommes politiques autant que les chercheurs en géopolitique ou relations internationales. Mais que recouvre cette notion, comment définir la puissance ? Hugo Billard reçoit Fabrice Argounès, auteur de « Théories de la puissance », (Biblis 2018).

Fabrice Argounès l’assume d’entrée de jeu. Il n’existe pas une définition unique de la puissance pour les gouverner toutes. « Je ne crois pas que ce soit une paresse intellectuelle mais en tout cas c’est justement pour expliquer les difficultés à cerner le concept », justifie-t-il. Il existe déjà une différence de vocabulaire entre les langues qui n’implique pas la même chose. Entre pouvoir, puissance en français et power en anglais, ce n’est pas la même chose. Même deux auteurs universitaires peuvent ne pas être d’accord. D’un côté Steven Luke pense que réfléchir en terme de puissance est plus un art qu’une science. De l’autre, Joseph Nye explique que le concept est élusif, il s’éloigne à mesure qu’on en approche.

Des éléments de définition

S’il n’existe pas une définition, certains éléments sont souvent pris en compte pour savoir ce qu’est une puissance. L’un des plus connus est le soft power, par la culture et l’économie. Mais la traduction française de « pouvoir doux » efface une réalité de propagande indique Fabrice Argounès. Le soft power est ensuite adapté dans les différents pays. Par exemple, la Chine réussit à construire une histoire de domination régionale qui est : « un grand récit chinois qui serait concurrent d’un grand récit américain », raconte le chercheur. Le hard power, avec la force armée, n’est pas à oublier non plus. Ni poids démographique et superficie. « Chaque pays va ensuite développer des concepts de puissance qui vont mettre en valeur les pays où sont les chercheurs », conclut Fabrice Argounès. La réflexion sur la géopolitique et les relations internationales n’est pas près de s’arrêter.