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Les vérités  2018 – Pakistan : le risque social et géopolitique majeur de notre époque

Les premiers débats entre 70 nations qui se déroulent à Paris, suite à la grande manifestation parisienne du 11 novembre, semblaient estimer comme premier risque géopolitique pour le futur la confrontation entre les Etats-Unis et la Chine.

Ce n’est pas ce que révèlent nos analyses. La rivalité entre Washington et Pékin est principalement d’ordre commercial et les deux gouvernances ne cherchent pas d’affrontements militaires. Par contre un pays nous semble dangereux et incontrôlable, c’est le Pakistan.

Analysons les données menant à cette affirmation.

1- La démographie du pays. En 1950, le Pakistan comptait 75 millions d’habitants et actuellement il en compte 210 millions. Comme sa population augmente de quatre millions par an, on estime qu’en 2050, 400 millions de Pakistanais sont attendus. Comment est-ce possible ? Comment l’économie pourra-t-elle nourrir une population supérieure à celle des Etats-Unis ?

2- La géographie. Le Pakistan possède des frontières communes avec l’Iran (900 km), l’Afghanistan (2 400 km), la Chine (520 km), et l’Inde (2 900 km) sur son côté est. Concernant l’Inde, le Cachemire reste une zone de tension permanente, quant à l’Afghanistan et à l’Iran, leur présent comme leur avenir sont aussi troublés qu’imprévisibles.

3- La montée de l’intégrisme islamique avec le symbole Asia Bibi, cette chrétienne condamnée à mort pour avoir donner un verre d’eau à une musulmane et finalement reconnue non coupable après dix ans de détention.

Pourra-t-elle rejoindre un pays d’accueil malgré la fureur des intégristes ?

L’historien des religions Jean-François Colosimo explique pourquoi le sort d’Asia Bibi déchaîne les passions des islamistes. Le blasphème tient une place centrale dans l’islam politique, en particulier dans un pays où la charia constitue le centre du système juridique.

4- La possession de l’arme nucléaire.

En 1998, le Pakistan est devenu une puissance atomique en effectuant une série d’essais réussis et disposerait depuis 2011 de plus d’une centaine de missiles.

Pour Jean-François Colosimo, « le Pakistan est une poudrière dotée du feu atomique où l’islamisme fait la loi. Il ne tient pas que la rue, mais gangrène aussi l’éducation, l’armée, le gouvernement. Le premier ministre, Imran Khan, à l’allure libérale, s’est fait élire, en août 2018, sur la promesse de renforcer la charia ».

En mobilisant les foules contre l’arrêt de la Cour suprême qui a acquitté Asia Bibi, en appelant à l’assassinat des juges, à la mutinerie des soldats et des policiers, les intégristes montrent où est le vrai pouvoir. S’opposer à l’opinion mondiale revient, pour les islamistes, à réarmer le djihad.

L’évolution socio-économique paraissant intenable, les politiques ne trouvent qu’une issue à cette impasse : fanatiser la population en prônant la guerre sainte avec un islamisme conquérant. Les prétextes ne manquent pas, que ce soit le Cachemire avec l’Inde et les rapports avec l’Iran et l’Afghanistan.

Pour les esprits rationnels des Occidentaux, l’emploi du nucléaire semble aberrant et suicidaire, mais, lorsque l’on voit aujourd’hui l’hystérie populaire réclamant la mort d’une chrétienne ayant donné un verre d’eau à une musulmane, peut–on écarter le risque d’un Pakistan incontrôlable ?

Ce n’est qu’un scénario, mais veillons à ne pas nous habituer à admettre les politiques inadmissibles qui font l’actualité.