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Les vérités  2018 – L’Italie face à l’immigration : la même obsession géopolitique en Allemagne, en Autriche, en Angleterre, en France, en Pologne, en Hongrie

« Y penser toujours, n’en parler jamais ». Les élections italiennes, avec la montée des partis extrémistes, plongent le pays dans une crise politique. La cause première en est l’immigration, mais c’est un sujet tabou que politiques et médias abordent sur la pointe des pieds, alors que toute l’Europe doit y faire face.

Pologne et Hongrie refusent le concept même d’immigration. Lors d’une conférence de presse tenue à Budapest le 3 janvier, le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki ont réaffirmé leur opposition à la politique européenne.                                  Cette rencontre à Budapest avait pour objectif de les conforter dans leur rôle de hérauts d’une politique migratoire alternative à celle promue par Bruxelles. « Il est évident que les Européens ne veulent pas d’immigration alors que plusieurs dirigeants continuent à faire pression en faveur d’une politique d’immigration ratée», a déclaré Viktor Orban, estimant que la position hongroise devait permettre de protéger ses frontières, et il a appelé l’Europe à « stopper le flux migratoire ». Pour lui, la politique des quotas de migrants fixés par l’UE contrevient à la souveraineté des Etats.

Sylvie Kauffmann, dans une chronique du Monde, constate que « la résistance à l’afflux de migrants est un fait politique majeur ». Pour elle, si l’Italie bascule, c’est à cause de l’arrivée de 600 000 réfugiés arrivés par la mer et que ce mouvement se poursuivra. L’euroscepticisme actuel de Rome provient du manque de solidarité de leurs partenaires européens : en 2014 seulement 3% des Italiens récusaient l’immigration et ils sont aujourd’hui 35%.

La Ligue et le mouvement 5 étoiles ont trouvé leur succès dans le slogan « trop d’émigrants ». Ce slogan rend Bruxelles responsable des difficultés économiques du pays et stimule les volontés d’indépendance de la Ligue du Nord.

Le Mouvement 5 étoiles et la Ligue, désormais majoritaires, ont revendiqué le pouvoir en excluant une alliance «eurosceptique» entre eux. Ce choc électoral en Italie et en Europe ouvre une phase d’incertitude politique qui pourrait durer des mois.

Ce vote marque le rejet des partis traditionnels, l’exaspération face au marasme économique et une hostilité vis à vis des migrants et de l’Union européenne : l’Italie s’inscrit dans la lignée du Brexit et de Donald Trump aux Etats-Unis.

« Pour la première fois en Europe, les forces antisystème l’emportent », annonce la Stampa. La coalition peut gouverner», a lancé Matteo Salvini, avant de se rendre chez le magnat des médias de 81 ans, Silvio Berlusconi.

Cette coalition est le vainqueur politique de ces élections. Elle représente la première force politique du pays et doit pouvoir appliquer son programme, des baisses d’impôts à la lutte contre l’immigration, fait valoir Berlusconi dans un communiqué. Il ne s’est pas explicitement rangé derrière Matteo Salvini, appelant seulement à renforcer une coalition qui  gouvernerait l’Italie.

Un constat : l’immigration bouleverse l’Italie qui aura bien du mal à trouver une gouvernance stable.                                                                                            Ne fermons pas les yeux : ayons conscience.